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Aux urnes citoyen.ne.s L'île de Lille

À Lille, ambiance festive dans le cortège du premier mai

À l’occasion de la fête du travail, jour commémoratif des luttes pour les droits des travailleurs et des travailleuses, plus de 2000 personnes se sont retrouvé.es ce matin à porte des postes, bravant l’absence de transports en commun. Le cortège rassemblant syndicats, partis politiques et travailleureuses a ensuite prit le chemin de Wazemmes accompagné tout en musique, discours et slogan.

C’était le rendez-vous incontournable de l’après-présidentielle, les Lillois.es sont très clair.es : la lutte continue. Pour l’Union Populaire, la manifestation prend la couleur du « troisième tour » tant attendu : les élections législatives qui auront lieu en juin prochain. « Puisque en plus ça rime, mettons Mélenchon à Matignon » scande Ugo Bernalicis, député LFI du Nord. À ses côtés, Adrien Quatennens avec qui il a mené la manifestation de l’Union Populaire. Les deux députés n’ont pas manqué d’exprimer leur désaccord avec le président fraîchement réélu, Emmanuel Macron.

Pour nous, la retraite, c’est toujours à 60 ans !

Adrien Quatennens, député France Insoumise de la première circonscription du Nord.
Adrien Quatennens ©Alice Gosselin

L’âge du départ à la retraite reste la principale revendication clamée par les manifestant.es, au même titre que l’augmentation des salaires.

La manifestation s’est déroulée à grand renfort de slogans, mais toujours dans le calme. En s’y promenant un peu, on croise toutes les générations, celleux qui sont déjà à la retraite n’hésitent pas à descendre dans la rue pour soutenir la jeunesse, qui elle aussi a largement mobilisé grâce aux syndicats étudiants comme la FSE et l’UNEF et les partis politiques, le NPA et la JC. Enfants, parents et manifestant.es ont aussi pu profiter de l’Internationale reprise par la fanfare « La brigade des tubes ».

La brigade des tubes ©Anaëlle Charlier

La manifestation s’est finalement dispersée dans le calme à Wazemmes. Contrairement à sa cousine parisienne, elle n’a pas été perturbée par l’intervention de casseurs ni d’altercation avec la police.

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L'île de Lille

Grève pour l’augmentation des salaires: ras-le-bol social !

Au départ de porte de paris, la manifestation se déroule sans grabuge, le dispositif policier mobilisé est léger et ne tente pas de provocations envers les manifestants, encadrant simplement le cortège à l’avant et à l’arrière avec l’aide des agents de la ville.

Sur les banderoles brandies par les manifestants, on reconnaît de nombreux logos souvent présents dans ce type de revendications : CGT, Solidaires 59, CSP 59, UNEF ou encore FSE. Les slogans scandés sont de même les habituelles revendications appelant à la démission d’Emmanuel Macron ou à l’abolition du système capitaliste : simples mais efficaces.

En pleine période de campagne présidentielle, il n’est également pas étonnant d’apercevoir les banderoles du PCF, des Écologistes, ou encore de la France Insoumise : Adrien Quatennens, député de la 1ère circonscription du nord et coordinateur national de la FI était notamment présent avec ces derniers pour porter leurs revendications.

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Féministes tant qu'il le faudra L'île de Lille

Marche féministe du 12 mars : ambiance festive et modérée

La manifestation, au départ de la place de la République, remonte le boulevard Gambetta avant de s’engager sur la rue Colbert et redescendre sur le boulevard Vauban. Après avoir longé la rue Solférino, le cortège retourne à place de la république, rejoignant au niveau de Sébastopol le cortège « Look Up »: la manif pour le climat qui se tenait le même après-midi.

Contrairement à la marche nocturne du 8 mars, cette manifestation affiche un aspect moins radical : peu ou pas de slogan fort, un cortège bon enfant, plus festif que revendicatif (à l’image de la pride de Paris organisée par l’inter) et en somme assez peu d’intersectionnalité.

En effet, malgré la présence de quelques drapeaux LGBTQ et pancartes au tons plus radicaux et queer/pro-TDS, la manifestation affiche clairement une dimension très cis-hétéro centrée, avec des pancartes centrées sur la vulve/le clitoris et d’autres ouvertement putophobes.

A l’arrivée sur Sébastopol, le cortège rencontre celui de la marche pour le climat, rencontre bien sur prévue à l’avance. Si aucun conflit réel n’est a regretter, et que les prises de paroles à ce moment la arbore une dimension plus convergente, quelques disputes et éclats de violences, on cependant lieux entre des manifestant.e.s de la marche féministe et un groupe de gilets jaunes présents dans la manif « Look Up », ces dernier leur reprochant de ne pas participer aux « vrais luttes »…

Les deux cortèges réunis arrivent finalement à république quelques minutes après leur départ de Sébastopol, le rassemblement se dissipe rapidement et sans violence, à l’image de la manifestation dans son ensemble : calme et sans remous.

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L'île de Lille Suscitons l'espoir, pas le racisme

Vérité pour Toufik, à bas le mensonge policier

Dans l’après-midi du samedi 26 février, 200 personnes se sont réunies à la sortie du métro Wazemmes. Le mot d’ordre : “Vérité pour Toufik !” C’était un jeune homme de 23 ans, originaire d’Algérie & vivant à Lille, démuni de papiers & de logement. Le 23 août 2020, au commissariat de Wazemmes, Toufik meurt soudainement. Depuis 18 mois, sa famille est sans nouvelle des circonstances de sa mort. Retour sur un rassemblement pacifique qui quémande la vérité.

Toufik, on n’oublie pas, on pardonne pas

Slogan scandé lors de la manifestation

Notamment lancée par le collectif Justice & Vérité pour Toufik & le comité des Sans Papiers 59, la manifestation de ce samedi a prit naissance à la sortie du métro Wazemmes, à 15 heures. Petit à petit, les manifestant.e.s se regroupent & se lancent dans le parcours de la manifestation vers 15h30, à travers les quartiers Wazemmes, Gambetta & Sébastopol.

En tête de cortège, une banderole blanche & des portraits de Toufik mènent la marche & scandent les slogans avec émotion. “Mensonge policier, on veut la vérité”, “pas de justice, pas de paix” ou encore “à bas l’Etat, les flics & les frontières” raisonnent dans les rues lilloises. Tout au long du parcours, plusieurs individus distribuent aux passant.e.s des tracts explicatifs. Le but ?  Sensibiliser les lillois.e.s à l’affaire Toufik, pour honorer sa mémoire & obtenir la vérité.

Dossier vide, où est l’IGPN ?

Pour comprendre l’origine du rassemblement de ce samedi, il faut remonter à la nuit du 22 au 23 août 2020, il y a dix-huit mois. Ce soir-là, Toufik est en garde à vue au commissariat de Wazemmes. Il y décédera quelques heures plus tard.

Informée du décès, la famille n’est pas pour autant au courant des causes & des circonstances de sa mort. Après le dépôt d’une plainte & avec l’aide d’un avocat, les découvertes s’enchaînent. L’IGPN, autrement appelée la police des polices, a réalisé une enquête sur le décès de Toufik. Cependant, dans le dossier de cette enquête, il n’y aucune vidéo issue de la garde à vue ni aucune audition des policiers, que ce soit ceux à l’origine de l’arrestation de Toufik ou ceux qui étaient présents pendant sa garde à vue. Quant à l’expertise médicale, il n’y a pas non plus d’audition du médecin de permanence ou encore de compte-rendu expliquant les circonstances de sa mort.

La police assassine, la justice s’incline.

Slogan scandé lors de la manifestation.

Ce manque cruel de preuves, d’investigations & d’éléments permettant de comprendre comment un jeune homme de 23 ans a pu décéder en garde à vue sans que cela ne fasse bouger qui que ce soit pose bien des questions. Le collectif Justice & Vérité pour Toufik généralise le problème : ce qu’il s’est passé n’est pas un événement isolé. A leurs yeux, cela “met en évidence la violence infligée lors des gardes à vues en France.” Combiné à cela, il semblerait que les institutions ayant autorité auprès des organisations policières ne répondent pas à l’appel de la protection des citoyen.ne.s. C’est en tous les cas ce que dénoncent les comités à la recherche de la vérité pour Toufik : “l’IGPN s’est montrée plus soucieuse de protéger les policiers que de rendre compte de la vérité.” Le parfum d’un certain degré de complicité grâce à une enquête bâclée prône donc au-dessus de cette affaire. 

Toute personne en garde à vue est potentiellement en danger.

Propos présents dans le trac information « Vérité pour Toufik »

Une famille sans réponses

Accompagnés par un avocat, les proches de Toufik ne cessent de faire de leur possible pour obtenir la vérité. Après avoir découvert le néant que représentait l’enquête de l’IGPN, la famille souhaite désormais un accès total aux vidéos mais aussi des auditions sérieusement menées de “tous les policiers ayant joué un rôle dans le drame qui a conduit à la mort de Toufik.” Avec cela, le comité Justice & Vérité pour Toufik rejoint la famille pour demander une enquête complète cette fois-ci, & “non à la décharge de la police.

Article de Loïs Hamard

Photos de Alice Gosselin

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Manifestation anti-Zemmour à Lille, entre échauffourées et esprit de rassemblement.

Entre 1100 et 2000 manifestant.e.s réuni.e.s à Lille ce samedis 5 février.

Ce samedi 5 février, en marge du meeting du candidat de Reconquête avait lieu deux manifestations, à l’appel de bons nombres de syndicats et partis politiques. Après une première manifestation ayant eu lieu dans la matinée, à laquelle a d’ailleurs participé la mairesse de Lille, Martine Aubry, une seconde manifestation, rassemblant 1100 personnes selon la préfecture et 2000 selon la CGT, a eu lieu en début d’après-midi. Malgré les tensions entre les forces de l’ordre et les premières lignes de manifestant.e.s qui ont émaillé les trois heures de manifestation, l’appel a su rassembler, au-delà des considérations partisanes.

Un manifestant, boulevard Victor Hugo.

« Faire comprendre à Zemmour qu’il n’est pas le bienvenus ici, ni partout ailleurs »

– Aymeric, 21 ans.

Iels sont jeunes, moins jeunes, sont venu.e.s seul.e.s, entre ami.e.s ou en famille au départ du rassemblement anti-Zemmour à la porte de Paris. C’est au sein d’un important dispositif policier que commence à s’assembler un public hétéroclite, on peut voir pêlemêle des membres des Jeunesses Communiste (JC), des Jeunes Verts, des syndicalistes de l’Union National des Etudiants Français (UNEF), mais aussi et surtout un public apartisan, déterminé à faire entendre sa voix. Dans ce cortège multiculturel, on retrouve Anne, une mère de famille de 55 ans accompagnée de son fils, qui nous explique pourquoi elle est venue à cette manifestation : « Je ne partage pas la vision faussée qu’il [Éric Zemmour] a de l’histoire […] c’est surtout un sexiste en puissance ». On trouve également de nombreux.euses jeunes, comme Elise 18 ans, désireuse de « Lutter contre des idées d’extrême-droite incarnée par qu’elles viennent d’Eric Zemmour, mais aussi des autres politiques, comme Marine Lepen. ».

Début du rassemblement, Porte de Paris à Lille.

Les premières lignes de la manifestation ont été sujettes à beaucoup de tensions. Depuis le début du rassemblement à porte de Paris, jusqu’à quelques centaines de mètres avant la fin de la manifestation place de la République. A plusieurs reprises, des affrontements entre manifestant.e.s vêtu.e.s de noirs et forces de l’ordre ont ralenti le parcours du cortège. D’un côté on a pu voir des jets de patate et autre denrées alimentaires, avec quelques fois l’utilisation de pétards et de feux d’artifices, de l’autre les forces de l’ordre ont fait grand usage de leurs gazs lacrymogènes et de la technique de la « charge éclair » (une avancée rapide et brutale, amenant à un mouvement de foule vers l’arrière du cortège permettant d’isoler des individus pour une interpellation). Malgré ces ralentissements, le cortège n’a pas cessé d’avancer et de lancer avec force des slogans antifascistes adressés à Éric Zemmour.

L’avancée du cortège, boulevard Victor Hugo.

Suite à son arrivée place de la république, la manifestation s’est dispersée dans le calme en laissant à ses participant.e.s un petit gout d’union des gauches autour d’une même cause : dire non aux idées d’extrême droite.

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Retour sur la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles à Lille

En finir avec les violences sexistes et sexuelles

Les températures avoisinaient le zéro à Lille mais la détermination des manifestant.e.s était brûlante lors de la mobilisation du 27 novembre contre les violences sexistes & sexuelles. Le cortège s’est rassemblé à 14h sur la Grand Place et s’est acheminé dans les rues de la ville jusqu’à la place de la République où un hommage a eu lieu. C’est dans une ambiance musicale, que les voix et les pancartes s’élevaient pour dénoncer les violences faites aux femmes & aux minorités de genre.

On peut lire des messages comme “70% des plaintes classées sans suite”, “Le consentement même pour le gouvernement”, “En crachant sur les victimes vous avez levé une armée”. Quant aux slogans, les centaines de voix présentent clamaient en cœur : “les violeurs au milieu, le patriarcat au feu”, “violeurs, sexistes, on vous voit”, “féminicides : État coupable, justice complice”.

“C’est une cause dont on entend pas assez parler, il faut qu’il y ait plus de monde qui se mobilise pour que cela crée un écho au-delà de la petite manifestation.”

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille.

Des messages qui se rejoignent mais qui ne disent pas tous la même chose, cependant, une chose est bien commune à tou.te.s les manifestant.e.s : la colère. Ce sentiment partagé face à l’inaction et même l’implicite complicité du gouvernement face aux violences, face à ces personnes sexisées qui meurent tous les trois jours, face à l’impunité du viol, face au manque de représentation des femmes, des minorités de genre & des personnes non-hétérosexuelles, face à la non reconnaissance de toutes les femmes et de toutes les minorités de genre. 

Se réapproprier l’espace public

Afin de mieux sonder les motivations, les volontés et les impressions des manifestant.e.s, pour BTS nous sommes allées les interroger sur les causes de leur présence. Être dans la rue, prendre de la place, crier des slogans féministes, se confronter aux policiers, c’est déjà un acte politique. Face à la sous représentation des femmes et des minorités de genre partout ailleurs, la rue reste un endroit majeur de lutte. 

“Pour me réapproprier l’espace public parce qu’il appartient qu’aux hommes cis, notamment hétéros et c’est aussi pour revendiquer la présence des personnes non binaires dans la culture qui sont invisibilisées comme toutes les minorités de genre”. 

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille

Rappeler l’importance de la cause

Cette manifestation est aussi pour beaucoup une piqûre de rappel.  « Les féministes français.e.s ont bien de la chance, elles ne devraient pas se plaindre, c’est quand même bien pire en Afghanistan ou au Mexique. » Tant de remarques que l’on peut entendre dans nos familles, dans nos cercles d’amis, dans les médias. Alors venir manifester c’est aussi rappeler que la situation des féminicides en France est inquiétante, c’est rappeler également que les violeurs restent très majoritairement impunis. 

“De montrer qu’il y a toujours des violences sexuelles et sexistes partout, être dans la rue ça permet de le rappeler”

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille.

“Il y en a ras le bol qu’on en soit encore là aujourd’hui”

Un ras le bol général

Les manifestant.es partageaient la même colère face à l’inaction et même le mépris de cette cause qui a encore trop peu de résonance à grande échelle et que l’État laisse aux mains des associations et collectifs. 

“C’est une cause qui est encore trop mise de côté. C’est important car si on est pas égaux.alles entre nous on pourra pas se pencher sur d’autres combats”

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille.

Vers un changement de mentalité

Le rassemblement Place de la République laissait paraître une grande solidarité, un souhait de montrer son soutien à celleux qui ne sont plus là, celleux qui luttent chaque jour, celleux qu’on n’écoute pas. 

“Pour montrer que les femmes* sont pas toutes seules dans leur galère”

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille.

Un tel changement de mentalité dans notre société suggère une prise de conscience de la part des hommes cis hétéros, parce qu’on ne pourra jamais avancer si ceux qui ont le plus gros rôle à jouer restent les complices des violences. 

“La mission des hommes cis, hétéros et blancs c’est de transmettre et propager la lutte auprès des autres hommes. La parole des femmes n’est jamais entendue par les hommes. C’est donc aux hommes de convaincre les autres hommes de changer”.

Photo de couverture par Alice Gosselin

Photo-reportage par Clémentine Gaultier & Naëlle Oboeuf

Article de Léa Le Demnat