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L'île de Lille

Grève pour l’augmentation des salaires: ras-le-bol social !

Au départ de porte de paris, la manifestation se déroule sans grabuge, le dispositif policier mobilisé est léger et ne tente pas de provocations envers les manifestants, encadrant simplement le cortège à l’avant et à l’arrière avec l’aide des agents de la ville.

Sur les banderoles brandies par les manifestants, on reconnaît de nombreux logos souvent présents dans ce type de revendications : CGT, Solidaires 59, CSP 59, UNEF ou encore FSE. Les slogans scandés sont de même les habituelles revendications appelant à la démission d’Emmanuel Macron ou à l’abolition du système capitaliste : simples mais efficaces.

En pleine période de campagne présidentielle, il n’est également pas étonnant d’apercevoir les banderoles du PCF, des Écologistes, ou encore de la France Insoumise : Adrien Quatennens, député de la 1ère circonscription du nord et coordinateur national de la FI était notamment présent avec ces derniers pour porter leurs revendications.

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À votre santé ! L'île de Lille

Maternité Jeanne de Flandres : un groupe de parole pour parler du déni de grossesse

Une rencontre entre le Pr Subtil, exerçant au CHRU de Lille, et Charlotte Lefebvre a suffi pour donner naissance au premier groupe de parole de France destiné exclusivement aux personnes ayant vécu un déni de grossesse. Tous deux invités par France Télévision pour participer à un débat au sujet du déni de grossesse, ils en profitent pour échanger hors caméra, et l’idée émerge alors. Ensuite, le docteur Catharina Schoemaker s’est ajoutée au projet.

L’objectif de la création de ce groupe de parole est tout d’abord de permettre un échange d’expériences avec des récits tous très différents les uns des autres. Encadrées par des professionnels de santé, c’est également l’occasion pour elles d’obtenir des réponses à des questions plus précises et techniques. Les séances mensuelles sont divisées en plusieurs temps, afin que toutes se sentent le plus à l’aise possible. Ainsi, après quinze minutes d’échange libre, les médecins ferment la porte pour protéger l’intimité des femmes présentes et qui souhaitent se confier sur une expérience plus ou moins difficile. “On avait vraiment à cœur de créer un lieu cocooning et respectueux de ces mamans”, confie le Dr Schoemaker.

Le maître-mot : bienveillance

En effet, selon elle, cette grossesse que l’on doit qualifier de “non consciente” entraîne une période de véritable sidération psychique chez les femmes, qu’elles aient décidé de garder leur bébé ou bien de le laisser à l’adoption. Un choc qui doit être écouté et partagé avec bienveillance, afin que ces personnes retrouvent confiance et bien-être en famille.

Une bienveillance guidant les médecins de la maternité Jeanne de Flandre qui proposait, déjà avant la création du groupe, de prolonger le séjour à l’hôpital en fonction des besoins de chacune. Ils prennent également de leurs nouvelles, s’enquérant de la réaction de la famille proche, qui peut accepter difficilement un tel évènement. Un accompagnement qui “facilite la rencontre avec bébé et met en place les interactions avec lui, plus vite et sereinement”, souligne le docteur. 

“On se rend compte qu’on n’est pas toute seule”

Malgré de nombreuses études, le déni de grossesse, ou trouble de la gestation psychique, n’est pas anticipable et peut arriver à n’importe qui. Ce déni dépend donc du contexte de vie à un instant T. Le corps prend en charge son bébé via le placenta, mais aucune représentation mentale de la grossesse à venir n’est perçue. “Comme si le psychisme inconscient était en conflit avec quelque chose” et qu’il « protégeait la grossesse », explique Catharina Schoemaker.

En parler à l’enfant ou passer sous silence ?

Cette question est symptomatique d’un tabou qui persiste encore aujourd’hui. Certains adultes nés des suites d’un déni de grossesse ont connu une enfance pénible, soit vécue dans l’ignorance des circonstances de leur naissance, ou bien dans le rejet des autres qui ne les croyaient pas. Ces autres font plus que remettre en cause la parole des parents et des enfants :  ils les jugent car ils sont méfiants et connaissent très mal le sujet. Heureusement, ce tabou tend à s’effacer progressivement, dans une société de plus en plus sensibilisée à ce sujet, notamment grâce à une meilleure formation des étudiants en médecine et à des initiatives comme celle des médecins de la maternité de Jeanne de Flandres, et de Charlotte Lefebvre.

Le groupe de parole, qui prend place tous les premiers mercredis du mois, de 16h30 à 18h, est encore à ses débuts. Les docteurs songent dors et déjà à faire évoluer son organisation afin de répondre aux besoins de chacun, en proposant des séances en visioconférence, puis pourquoi pas, ouvrir l’échange aux pères, mais aussi aux adultes nés d’un déni de grossesse.

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Féministes tant qu'il le faudra L'île de Lille

Marche féministe du 12 mars : ambiance festive et modérée

La manifestation, au départ de la place de la République, remonte le boulevard Gambetta avant de s’engager sur la rue Colbert et redescendre sur le boulevard Vauban. Après avoir longé la rue Solférino, le cortège retourne à place de la république, rejoignant au niveau de Sébastopol le cortège « Look Up »: la manif pour le climat qui se tenait le même après-midi.

Contrairement à la marche nocturne du 8 mars, cette manifestation affiche un aspect moins radical : peu ou pas de slogan fort, un cortège bon enfant, plus festif que revendicatif (à l’image de la pride de Paris organisée par l’inter) et en somme assez peu d’intersectionnalité.

En effet, malgré la présence de quelques drapeaux LGBTQ et pancartes au tons plus radicaux et queer/pro-TDS, la manifestation affiche clairement une dimension très cis-hétéro centrée, avec des pancartes centrées sur la vulve/le clitoris et d’autres ouvertement putophobes.

A l’arrivée sur Sébastopol, le cortège rencontre celui de la marche pour le climat, rencontre bien sur prévue à l’avance. Si aucun conflit réel n’est a regretter, et que les prises de paroles à ce moment la arbore une dimension plus convergente, quelques disputes et éclats de violences, on cependant lieux entre des manifestant.e.s de la marche féministe et un groupe de gilets jaunes présents dans la manif « Look Up », ces dernier leur reprochant de ne pas participer aux « vrais luttes »…

Les deux cortèges réunis arrivent finalement à république quelques minutes après leur départ de Sébastopol, le rassemblement se dissipe rapidement et sans violence, à l’image de la manifestation dans son ensemble : calme et sans remous.

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L'île de Lille Suscitons l'espoir, pas le racisme

Vérité pour Toufik, à bas le mensonge policier

Dans l’après-midi du samedi 26 février, 200 personnes se sont réunies à la sortie du métro Wazemmes. Le mot d’ordre : “Vérité pour Toufik !” C’était un jeune homme de 23 ans, originaire d’Algérie & vivant à Lille, démuni de papiers & de logement. Le 23 août 2020, au commissariat de Wazemmes, Toufik meurt soudainement. Depuis 18 mois, sa famille est sans nouvelle des circonstances de sa mort. Retour sur un rassemblement pacifique qui quémande la vérité.

Toufik, on n’oublie pas, on pardonne pas

Slogan scandé lors de la manifestation

Notamment lancée par le collectif Justice & Vérité pour Toufik & le comité des Sans Papiers 59, la manifestation de ce samedi a prit naissance à la sortie du métro Wazemmes, à 15 heures. Petit à petit, les manifestant.e.s se regroupent & se lancent dans le parcours de la manifestation vers 15h30, à travers les quartiers Wazemmes, Gambetta & Sébastopol.

En tête de cortège, une banderole blanche & des portraits de Toufik mènent la marche & scandent les slogans avec émotion. “Mensonge policier, on veut la vérité”, “pas de justice, pas de paix” ou encore “à bas l’Etat, les flics & les frontières” raisonnent dans les rues lilloises. Tout au long du parcours, plusieurs individus distribuent aux passant.e.s des tracts explicatifs. Le but ?  Sensibiliser les lillois.e.s à l’affaire Toufik, pour honorer sa mémoire & obtenir la vérité.

Dossier vide, où est l’IGPN ?

Pour comprendre l’origine du rassemblement de ce samedi, il faut remonter à la nuit du 22 au 23 août 2020, il y a dix-huit mois. Ce soir-là, Toufik est en garde à vue au commissariat de Wazemmes. Il y décédera quelques heures plus tard.

Informée du décès, la famille n’est pas pour autant au courant des causes & des circonstances de sa mort. Après le dépôt d’une plainte & avec l’aide d’un avocat, les découvertes s’enchaînent. L’IGPN, autrement appelée la police des polices, a réalisé une enquête sur le décès de Toufik. Cependant, dans le dossier de cette enquête, il n’y aucune vidéo issue de la garde à vue ni aucune audition des policiers, que ce soit ceux à l’origine de l’arrestation de Toufik ou ceux qui étaient présents pendant sa garde à vue. Quant à l’expertise médicale, il n’y a pas non plus d’audition du médecin de permanence ou encore de compte-rendu expliquant les circonstances de sa mort.

La police assassine, la justice s’incline.

Slogan scandé lors de la manifestation.

Ce manque cruel de preuves, d’investigations & d’éléments permettant de comprendre comment un jeune homme de 23 ans a pu décéder en garde à vue sans que cela ne fasse bouger qui que ce soit pose bien des questions. Le collectif Justice & Vérité pour Toufik généralise le problème : ce qu’il s’est passé n’est pas un événement isolé. A leurs yeux, cela “met en évidence la violence infligée lors des gardes à vues en France.” Combiné à cela, il semblerait que les institutions ayant autorité auprès des organisations policières ne répondent pas à l’appel de la protection des citoyen.ne.s. C’est en tous les cas ce que dénoncent les comités à la recherche de la vérité pour Toufik : “l’IGPN s’est montrée plus soucieuse de protéger les policiers que de rendre compte de la vérité.” Le parfum d’un certain degré de complicité grâce à une enquête bâclée prône donc au-dessus de cette affaire. 

Toute personne en garde à vue est potentiellement en danger.

Propos présents dans le trac information « Vérité pour Toufik »

Une famille sans réponses

Accompagnés par un avocat, les proches de Toufik ne cessent de faire de leur possible pour obtenir la vérité. Après avoir découvert le néant que représentait l’enquête de l’IGPN, la famille souhaite désormais un accès total aux vidéos mais aussi des auditions sérieusement menées de “tous les policiers ayant joué un rôle dans le drame qui a conduit à la mort de Toufik.” Avec cela, le comité Justice & Vérité pour Toufik rejoint la famille pour demander une enquête complète cette fois-ci, & “non à la décharge de la police.

Article de Loïs Hamard

Photos de Alice Gosselin

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À l'international

Ukraine: récit d’une guerre d’aujourd’hui

Tout d’abord un peu d’histoire

Le 8 décembre 1991, l’accord de Minsk, signé entre la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie acte la dissolution de l’URSS.
L’Ukraine obtient alors son indépendance si convoitée: de nombreuses révoltes avaient eu lieu par le passé contre l’absolutisme soviétique, et en 1991, 90% de la population ukrainienne votent l’indépendance de leur pays lors d’un référendum d’auto-détermination.

3 ans plus tard, le 5 décembre 1994, l’Ukraine signe le mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité: l’armée ukrainienne abandonne la possession de son arsenal nucléaire en échange de la garantie des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Russie à respecter l’intégrité de son territoire: la souveraineté de l’Ukraine est actée.

En novembre 2013, la population Ukrainienne, alors fortement pro-europe proteste contre son président, lui pro-Russe: Viktor Ianoukovitch; c’est « l’Euromaiden ».
Face aux résistances du gouvernement, une révolution éclate alors en février 2014, et le président, destitué, s’enfuit en Russie.

En réponse à cette révolte, Vladimir Poutine lance une intervention en Crimée, qui sera annexée en mars.

Après 20 ans d’intégrité territoriale, l’indépendance de l’Ukraine est bafouée une première fois par le régime fasciste de Vladimir Poutine.
Cette annexion s’intègre en réalité dans un contexte plus large: une politique impérialiste et expansionniste du gouvernement Poutinien, déjà coupable de l’annexion de l’Ossétie en 2008.
La fin des combats sera finalement annoncée en début de 2015 avec les accords de Minsk et la capitulation de l’Ukraine sur ses territoires Criméen.

Fort de ses nouvelles possessions en Crimée, la Russie de Vladimir Poutine va, pendant 8 ans, alimenter des mouvements séparatistes dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Ces mouvements contestent le pouvoir légitime et démocratique des présidents Porochenko (entre 2014 et 2019) puis Zelenski (à partir de 2019), et causeront la mort de près de 15.000 personnes entre 2014 et aujourd’hui.

En octobre 2021, l’armée russe déploie plus de 100.000 soldats à la frontière Russo-Ukrainienne, menaçant l’invasion du territoire Ukrainiens. Des tentatives d’apaisement diplomatique sont alors menées par les pays occidentaux, pour éviter une invasion de l’Ukraine par l’armée Russe.

Malheureusement, ces tentatives de négociations seront un échec, et le 21 février 2022, la Russie reconnaît l’indépendance des régions ukrainiennes de Donetsk et Lougansk, s’attirant les sanctions économiques de l’occident. 3 jours plus tard, Vladimir Poutine lance l’invasion de l’Ukraine.

Quelles sont les motivations de la Russie ?

Pour justifier son intervention militaire en Ukraine, le Kremlin à avancé différentes explications plus ou moins crédibles.
Tout d’abord, Poutine a évoqué l’idée de libérer la province du Donbass de l’emprise Ukrainienne, notamment en procédant à une “dénazification” de la région. Cependant, aucune formation néo-nazi considérable ,n’existe en Ukraine, dont le paysage politique est dominé par un centre-droit libéral. De plus, il est aujourd’hui connu que les mouvements indépendantistes dans le Donbass sont en grande partie composés de mercenaires payés par la Russie.

De même qu’en 2014, la raison du rapprochement entre l’Ukraine et l’Union Européenne fait également partie des motifs invoqués par Vladimir Poutine. Mais ces arguments ne sont pas non plus valables: malgré un sentiment pro-européen fort en Ukraine et une volonté d’intégrer l’Union ainsi que l’OTAN, la France et l’Allemagne s’y sont toujours fermement opposés, rendant peu probable un réel rapprochement.

Les réelles motivations de la Russie sont donc purement impérialistes.
En effet, la politique menée par le Président Vladimir Poutine s’apparente à une politique néo-fasciste, politique dont l’une des principales composantes est un impérialisme expansif.
La Russie est d’autant plus marquée, voire encore aujourd’hui traumatisée par la chute de L’URSS, ayant pulvérisé la puissance Russe. Il n’y a donc aujourd’hui rien d’étonnant à voir aujourd’hui un réel souhait de regain de puissance, une nostalgie de l’absolutisme perdu, incarné par Vladimir Poutine.
L’Ukraine n’est donc qu’un territoire de plus à conquérir pour le Kremlin, après la Crimée et l’Ossétie, en plus de lui offrir une zone de sûreté entre elle et les frontières européennes.
On peut alors craindre une réelle menace dans les années à venir pour la Pologne ou les pays Baltes, semblant également dans le viseur de l’Ogre Russe, ayant déjà mainmise sur la Biélorussie à travers le gouvernement fantoche de Loukachenko.

Les populations sont en danger.

Pour la population Ukrainienne, un enfer interminable

Les vraies victimes de cette guerre, ce sont elles et eux. Ces femmes, ces enfants, dont la maison est détruite, la vie réduite en miettes, et le mari, le père, le frère ou le fils, parti combattre au front sans garantie de retour.

Ce sont les riches et les puissants qui se font la guerre, mais la population qui en paye le prix.

Les témoignages de citoyen·ne·s ukrainien·ne·s qui nous arrivent décrivent tous l’horreur de cette guerre.
Les familles forcées à fuir, à se cacher dans le métro de Kiev pour échapper aux bombardements, ou forcées à couper toute lumière la nuit par peur d’être repéré par les militaires russes.
Beaucoup fuient, ou tout du moins, essayent de fuir.

C’est là qu’on assiste à des scènes de racisme horrible et décomplexé.
Des milices empèches les ukrainien·ne·s noir·e·s de monter dans les trains quittant le pays, en leur disant d’attendre: d’attendre que toutes les personnes blanches se soient échappée avant d’être elleux mêmes sauvés.
De même à la frontière Polonaise, les mêmes discriminations sont appliquées, et les personnes noires se font refuser le passage.
Une hiérarchie des vies très claire est établie: les enfants blancs > les femmes blanches > les personnes noires.

Mais cela n’est pas mieux en France et dans tout l’occident en général.
Ce racisme décomplexé s’invite sur les plateaux télés et les radios soutenant l’establishment: sur BFMTV, un journaliste hiérarchise les vies des réfugiés ukrainiens au-dessus de celles des syriens ou des afghan, sous prétexte qu’iels “nous ressemblent”. Toujours sur BFM, un éditorialiste estime pour les mêmes motifs que l’Ukraine nécessite un “geste humanitaire immédiat”, contrairement aux pays non européens dans des situations comparables. Sur Europe 1, le député Modem (parti de l’alliance gouvernementale majoritaire à l’assemblée) Jean-Louis Bourlanges parle d’une “immigration de grande qualité”. Le plateau états-unien de CBS va même jusqu’à qualifier l’Ukraine de “pays civilisé”, “comparé à la Syrie ou l’Afghanistan”.

C’est un racisme décomplexé auquel on assiste, et duquel sont victimes les réfugiés. De plus, comme d’habitude, ce sont les femmes et les minorités de genre qui se retrouvent en première ligne de ces puanteurs: les termes “ukrainian girl”, “ukrainian porn” ou “war porn” sont en top trend sur les sites pronographiques et sur google en général. (Ces constats n’ont bien sûr pas vocation à servir un argumentaire abolitionniste/swerfs, mais mettent en lumière un réel intérêt morbide dont sont actuellement victimes les femmes et minorités de genres ukrainiennes)

Face à une situation désastreuse et une gestion de crise hautement problématique, il devient donc nécessaire d’intervenir pour venir en aide aux populations.

Comment venir en aide aux ukrainien·ne·s ?

Chacun·ne·s à notre échelle et à nos moyens, nous avons la possibilité de nous mobiliser pour venir en aide au peuple ukrainien, même de façon symbolique, la représentation compte.


Sur les réseaux sociaux:

  • Faire attention aux images et posts que l’on diffuse, ne pas diffuser de fausses informations ou des images chocs et crues qui pourraient nuire à l’honneur des personnes représentées et à la sensibilité des personnes qui regardent.
  • Penser à contextualiser ce que l’on diffuse, se renseigner et expliquer le contexte dans lequel une photo à été prise par exemple. Ne pas tomber dans le sensationnalisme est primordial.
  • Favoriser la diffusion de sources primaires (contenus et médias locaux) et de médias indépendants (en créditant à chaque fois).
  • Ne pas donner de visibilité à des personnalités qui souhaitent juste capitaliser sur le conflit en affichant un pseudo-humanisme clientéliste.
  • Faire attention à ne pas relayer de contenus hiérarchisant les vies, comme mentionné plus haut.
  • S’intéresser à la vision et la sensibilité de toustes: les grands médias ne visibilisent pas les plus précaires, à vous de leur donner de la voix!


En dehors des réseaux sociaux:

  • Participer aux manifestations.
  • Se tenir au courant de l’actualité et renseigner ses proches.
  • Donner de son temps à des associations d’aides aux réfugiés.

En apportant une aide financière:

  • Faire attention à qui organise la cagnotte ou la collecte de fond: malheureusement, certaines personnes mal intentionnées vont tenter de profiter de cette crise pour mener des arnaques (par exemple, paypal n’est pas disponible en Ukraine, une cagnotte organisée sur paypal est donc plus que douteuse).
  • Favoriser donc des dons à des associations et des œuvres connues dans leur engagement, et dont on est sûres que les collectes iront réellement pour les ukrainien·ne·s. En voici une courte liste à titre d’exemple:
    Razom, qui soutient les ukrainien·ne·s depuis 2014.
    La Banque Nationale d’Ukraine, qui organise une collecte de fonds pour soutenir les troupes ukrainiennes.
    L’UNHCR, géré par les Nations unies.
    Amnesty International, qui lutte pour un retour à la paix et l’aide aux prisonniers politiques.
    Singa France, qui participe à l’accueil des réfugiés en france et à leur intégration.

Retour sur la manifestation du 26 février à Lille

A l’initiative de plusieurs collectifs de ressortissants ukrainiens, un rassemblement de soutien au peuple ukrainien a été organisé ce samedi 26 février sur la place de la république à Lille.
L’évènement à été un temps forts pour la visibilité des souffrances auquel fait face actuellement le peuple ukrainien, de nombreuses prises de paroles de ressortissant·e·s, d’étudiants ukrainien en france et notamment d’Etienne Mourmant, consul honoraire d’Ukraine à Lille ont pu exprimer leur ressenti de la situation, revendiquer des mesures que le gouvernement devrait prendre et appeler à la mobilisation.

La rassemblement, pacifique et convivial s’est déroulé dans le calme, avec la présence de personnalités politiques et publiques en bordure, notamment Fabien Roussel et Sandrine Rousseau.
Seule la fin de l’évènement a été perturbée par la présence de militants anti-vax (visiblement pro-poutines au vu de leur propos) ayant pris à parti et agressé des personnes présentes leur demandant de veiller au calme par respect pour la situation actuelle.

La situation en Ukraine continue d’évoluer, et semble avoir atteint son paroxysme hier, avec la menace du président Vladimir Poutine d’envisager l’usage de l’arme nucléaire. Des pourparlers ont étés entamé aujourd’hui, et l’on espère que cette crise pourra s’apaiser aussi vite qu’elle a commencé.
Behind the Society vous tiendra au courant des avancées de la crise ukrainienne, et nos pensées vont directement aux victimes de cette guerre.

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L'île de Lille Out of the closet

La construction de l’homophobie masculine dans les Hauts-de-France

Les différents stands des Pridays dans la salle du Gymnase à Lille.


Ce samedi 12 février 2022, le ciel ensoleillé de Lille est traversé par un arc-en-ciel en l’honneur des Pridays. En partenariat avec l’association Fiertés Lille Pride, la ville a organisé une journée des cultures LGBTI+ afin de partager l’histoire et les cultures de ces communautés, de sensibiliser et de lutter davantage contre les LGBTphobies. Pour cela, rien de mieux que de s’instruire sur les différents mécanismes qui ont donné naissance aux différentes discriminations. Les conférences de l’historien Sébastien Landrieux et du doctorant en géographie, Théophile Plouvier, nous explique justement la naissance de l’homophobie masculine dans le Nord d’hier à aujourd’hui.

Documentation présente lors de la journée des Pridays

Alors que les travaux sur l’homophobie se sont toujours intéressés qu’à Paris, voici la première thèse sur l’homophobie dans le Nord. La thèse de Sébastien Landrieux s’appuie sur un travail d’archives publiques et s’inscrit donc dans le temps puisqu’il étudie l’homophobie masculine de 1891 à 1986. Il remarque que l’homophobie est liée à plusieurs processus de répression.

  • Les lois en France

Pour commencer, S. Landrieux précise qu’au 19ème siècle, l’homosexualité est jugée comme une pratique gênante qui est interdite par la société. L’État, à cette époque, n’est pas protecteur, ce qui fait que les homosexuels vivent dans la peur du scandale, de la révélation et qu’ils construisent leurs vies en marge de la société. Par rapport aux différentes lois qui vont suivre, les hommes homosexuels ne rentrent pas dans la moralité bienséante et leurs droits ne se verront pas accordés de la même façon qu’aux personnes hétérosexuelles. Par exemple, un homme homosexuel peut se faire licencier sans préavis si son patron apprend qu’il est homosexuel. Il peut également se faire virer de son logement par son propriétaire si celui-ci apprend son orientation sexuelle. Ces modes d’action seront abolis par la loi qu’en 1986 et en 1981.

Ensuite, le conférencier explique que des lois ont favorisé à tisser un lien entre la prostitution et l’homosexualité en les mettant au même rang. Tout d’abord, la loi dictée en 1917 qui vise les individus de « mœurs spéciales » soient les homosexuels et les « femmes de mauvaise vie », les prostituées, à être limité à un débit de boisson spécial. Ensuite, la loi « Marthe Richard » votée en 1946 qui vise à fermer les maisons closes du pays et à renforcer la lutte contre le proxénétisme renforce cette idée puisque des hommes homosexuels se prostituaient également dans ces maisons closes.

Sébastien Landrieux ajoute deux lois également qui ont fait, dans la société de l’époque, un lien entre l’homosexualité et la pédocriminalité. Tout d’abord, celle de 1942 sur la majorité sexuelle qui fixe celle-ci à 15 ans pour les actes hétérosexuels et à 21 ans pour les actes homosexuels, discriminant de facto l’homosexualité. Cette période de l’histoire sous le régime de Vichy contribue à l’accroissement de l’homophobie qui se traduit par une violence exercée par toute la société au quotidien sur les homosexuels. Ensuite, la loi de 1945 qui dit que: « Sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 60 FF à 15000 FF quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans ». La politique de l’après-guerre ne s’est donc pas caractérisée par une approche plus conforme au respect des droits de l’homme, pourtant fortement réaffirmés dans la constitution de 1946.

Enfin, dans sa thèse, Sébastien Landrieux s’arrête à l’amendement Mirguet de 1960 qui classe l’homosexualité comme « fléau social ».

  • Lille : épicentre de la vie homosexuelle et de la répression
Couverture du livret de présentation des Pridays 2022

Comme autres moyens de coercition, il y a la police et les médias. Dans l’histoire de l’homosexualité à Lille, il y a plusieurs périodes de grande répression notamment en période pré-électorale. Entre les deux guerres, le chercheur remarque une accentuation de cette répression qu’il explique par une plus grande visibilité de la communauté homosexuelle et par le fait que le Nord ait été touché frontalement et directement par la guerre. Cela a provoqué une hausse d’enfants orphelins qui se prostituaient envers d’autres hommes pour gagner le sous. Mais c’est particulièrement après la seconde guerre mondiale, dans les années 1946-1948, qu’il y avait au moins une arrestation tous les trois jours.

Sébastien Landrieux nous fait remarquer que les pénalités dépendent du territoire où l’homme homosexuel se fait arrêter car il y a dans tous les cas une prégnance de la part du juge et du procureur. Les peines dépendent également de l’homme arrêté, de son statut social ou encore de sa couleur de peau. Comme exemple, il nous dit qu’un homme blanc, marié, avec des enfants, catholique et bourgeois sera forcément davantage épargné par la justice qu’un homme racisé, d’origine étrangère et de religion différente. Pour finir, il nous fait remarquer que « l’homosexuel c’est l’Autre ». Il y a dans cette réflexion, une sorte d’ethnocentrisme qui nous fait penser que si l’on vient d’une classe populaire, alors l’homosexuel sera le bourgeois oisif qui n’a rien à faire de ses journées à part s’amuser. Si l’on vient d’une classe bourgeoise, on pensera que l’homosexualité n’est qu’un « délire » de la classe populaire.

Le chercheur s’intéresse également aux insultes proférées à l’encontre des forces de l’ordre. Il remarque qu’entre les deux guerres apparaissent les insultes dégenrées comme « salope » ou encore « lopette », et que ce n’est qu’à partir des années 60 que l’insulte « pédé » s’inscrit dans ces interactions. Aujourd’hui, ces insultes homophobes ont été pour la plupart réapproprié par la communauté homosexuelle afin de retourner les stigmates qu’on leur impose et d’en faire une force.

Quant à la question des médias, ils sont représentés à l’époque comme le relais politique de l’action policière. Ils jouent totalement le jeu de l’oppresseur en affichant directement dans le journal le nom et parfois même le portrait des hommes inculpés. Il y a une totale absence du respect de la présomption d’innocence. Ce qui peut paraître surprenant, c’est qu’auparavant plus l’organe de presse est à gauche, plus il se doit de trouver de nouveaux lecteurs et donc d’être racoleur en exprimant ces faits-divers. Contrairement, à la presse de droite, qui souvent était associée au catholicisme et qui se devait de ne pas diffuser ce genre d’affaires pour préserver la famille et les enfants des actes convenus comme « contre-natures » par la religion.

  • Les théories psychanalytiques de l’homosexualité

Alors que l’homosexualité était d’abord diagnostiquée comme une pathologie, au 20ème siècle, deux théories émergent de la part des psychiatres. Celle du pervers, qui fait voir l’homme homosexuel comme un hétérosexuel blasé de ses expériences avec les femmes et qui tente avec les hommes, et celle de l’inverti au sens génital, soit l’idée qu’il serait une femme dans un corps d’homme et inversement. Comme ces théories ne sont pas démontrées, les docteurs pensent alors que l’homosexualité est une névrose ou une psychose. Dès 1940, les hommes homosexuels sont donc orientés vers la psychanalyse et la médecine de ville. Cette dernière propose deux médicaments pour « soigner » l’homosexualité. Certaines injectent de la testostérone pour viriliser et hétérosexualiser l’individus et d’autres donnent du Gardenal, qui est un médicament de traitement contre la dépression. Effectivement, le corps médical pensait qu’on était dépressif parce qu’on était homosexuel et donc qu’il fallait guérir de cela. D’ailleurs, L’Organisme Mondial de la Santé ne supprimera l’homosexualité de la liste des maladies mentales que le 17 mai 1993, date qui sera retenue pour la commémoration de la journée internationale contre l’homophobie.

En abordant la thèse de Théophile Louvier, complémentaire de celle abordée précédemment, on se rend à l’évidence que l’homophobie n’est pas monolithique. Alors que son approche repose sur les travaux d’Eric Fassin, sociologue français spécialisé sur les questions de genre et de race, ce doctorant distingue plusieurs homophobies. Tout d’abord, celle qui est attribuée au sexisme, qui est le fait de ne pas correspondre aux normes genrées imposées par la société et qui donne lieu aux insultes comme « enculé » ou encore « pédé ». Ensuite, l’homophobie différencialiste qui est de considérer l’homosexualité comme différente de l’hétérosexualité en n’accordant pas les mêmes droits aux individus homosexuels qu’hétérosexuels. Comme exemple, la Manif pour tous est le principal collectif d’associations en opposition à la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe (dit « mariage pour tous ») en France. Enfin, l’homophobie assimilationniste qui fait que l’on accepte l’homosexualité que s’il y a des similarités avec la vie de personnes hétérosexuelles comme le couple monogame, l’importance de la vie de famille …

  • La gestion du risque
Graphique issu du rapport sur les LGBTphobies 2021 réalisé par l’association SOShomophobie

Même si de nos jours, on ne condamne plus l’homosexualité mais l’homophobie en France, seulement 5 à 20 % des agressions donnent lieu à un dépôt de plainte. La présence d’homophobie va conduire à une crainte, une peur qui va faire qu’un homme homosexuel va vouloir avoir un contrôle permanent sur ses pratiques spatiales. Effectivement, les risques d’homophobie vont agir sur la fréquentation des lieux de l’individu, sur son comportement (avec qui parler de sa vie privée ?) et sur son apparence (ne pas paraître « gay » ou « efféminé » dans la rue par exemple). Le travail de thèse Théophile Louvier porte justement là-dessus, c’est-à-dire sur la corrélation entre le vécu de l’homophobie, la représentation de l’homophobie et sur la gestion du risque.

L’enquête de Théophile Louvier est encore en cours. Si vous voulez répondre au questionnaire, le lien est juste ici. Également, si vous connaissez des hommes homosexuels qui auraient vécu à Lille au siècle dernier, vous pouvez contacter Sébastien Landrieux à l’adresse mail suivante : sébastien.landrieux.etu@univ-lille.fr

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Manifestation anti-Zemmour à Lille, entre échauffourées et esprit de rassemblement.

Entre 1100 et 2000 manifestant.e.s réuni.e.s à Lille ce samedis 5 février.

Ce samedi 5 février, en marge du meeting du candidat de Reconquête avait lieu deux manifestations, à l’appel de bons nombres de syndicats et partis politiques. Après une première manifestation ayant eu lieu dans la matinée, à laquelle a d’ailleurs participé la mairesse de Lille, Martine Aubry, une seconde manifestation, rassemblant 1100 personnes selon la préfecture et 2000 selon la CGT, a eu lieu en début d’après-midi. Malgré les tensions entre les forces de l’ordre et les premières lignes de manifestant.e.s qui ont émaillé les trois heures de manifestation, l’appel a su rassembler, au-delà des considérations partisanes.

Un manifestant, boulevard Victor Hugo.

« Faire comprendre à Zemmour qu’il n’est pas le bienvenus ici, ni partout ailleurs »

– Aymeric, 21 ans.

Iels sont jeunes, moins jeunes, sont venu.e.s seul.e.s, entre ami.e.s ou en famille au départ du rassemblement anti-Zemmour à la porte de Paris. C’est au sein d’un important dispositif policier que commence à s’assembler un public hétéroclite, on peut voir pêlemêle des membres des Jeunesses Communiste (JC), des Jeunes Verts, des syndicalistes de l’Union National des Etudiants Français (UNEF), mais aussi et surtout un public apartisan, déterminé à faire entendre sa voix. Dans ce cortège multiculturel, on retrouve Anne, une mère de famille de 55 ans accompagnée de son fils, qui nous explique pourquoi elle est venue à cette manifestation : « Je ne partage pas la vision faussée qu’il [Éric Zemmour] a de l’histoire […] c’est surtout un sexiste en puissance ». On trouve également de nombreux.euses jeunes, comme Elise 18 ans, désireuse de « Lutter contre des idées d’extrême-droite incarnée par qu’elles viennent d’Eric Zemmour, mais aussi des autres politiques, comme Marine Lepen. ».

Début du rassemblement, Porte de Paris à Lille.

Les premières lignes de la manifestation ont été sujettes à beaucoup de tensions. Depuis le début du rassemblement à porte de Paris, jusqu’à quelques centaines de mètres avant la fin de la manifestation place de la République. A plusieurs reprises, des affrontements entre manifestant.e.s vêtu.e.s de noirs et forces de l’ordre ont ralenti le parcours du cortège. D’un côté on a pu voir des jets de patate et autre denrées alimentaires, avec quelques fois l’utilisation de pétards et de feux d’artifices, de l’autre les forces de l’ordre ont fait grand usage de leurs gazs lacrymogènes et de la technique de la « charge éclair » (une avancée rapide et brutale, amenant à un mouvement de foule vers l’arrière du cortège permettant d’isoler des individus pour une interpellation). Malgré ces ralentissements, le cortège n’a pas cessé d’avancer et de lancer avec force des slogans antifascistes adressés à Éric Zemmour.

L’avancée du cortège, boulevard Victor Hugo.

Suite à son arrivée place de la république, la manifestation s’est dispersée dans le calme en laissant à ses participant.e.s un petit gout d’union des gauches autour d’une même cause : dire non aux idées d’extrême droite.

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Christiane Taubira à Lille : « Une république qui se dit indivisible et sociale est une république qui lutte contre les inégalités de naissances. »

Dès son arrivée dans l’amphithéâtre, Christiane Taubira est accueillie par un tonnerre d’applaudissements. Bien qu’ici pour présenter son programme, et on pourrait le penser, convaincre de nouvelles et nouveaux électeurices, la candidate fait cependant face à une assemblée visiblement déjà convaincue. En effet, l’ex-ministre de la justice à su s’élever comme une incontournable de la gauche ces dernières années, tout particulièrement auprès d’un public assez jeune se reconnaissant dans ses engagements humanistes et son franc-parler chaleureux.

Aimable et souriante comme à son habitude, n’hésitant pas à se faire plus amère pour défendre ses valeurs face aux quelques réticents présents dans la salle, Christiane Taubira reste fidèle à ses fameuses envolées lyriques en citant entre autres Jaurès, solide et charismatique sur les questions d’inégalités sociales et de précarité étudiante.

Christiane Taubira entrant dans l’amphithéâtre 1 de sciences-po Lille. (Alice Gosselin)

« Lutter contre les inégalités de naissances »

La candidate de gauche annonce directement la couleur avec sa première prise de parole : elle souhaite lutter activement contre la précarité et les difficultés auxquelles font face les étudiant·es et les jeunes en général, apportant un regard plein d’humanité sur les jeunesses françaises, insistant sur la diversité sociale au sein de cette même génération.

Christiane Taubira insiste en effet tout particulièrement sur « les jeunesses française » -le pluriel est important-, dénonçant avec vigueur les « inégalité de naissance » qui traverse cette génération plurielle, se plaçant en défenseuse de celles et ceux qui « ont un chemin tout tracé », faisant tout particulièrement références au jeunes des quartiers populaires que la société condamne et enferme dans la reproduction sociale, mais également aux jeunes des campagnes et de l’outre mer, qui « sont contraints à un arrachement que les autres ne vivent pas », évoquant son propre parcours de jeune guyanaise ayant dû rejoindre la métropole pour pouvoir continuer ses études.

Pour lutter contre ces inégalités, la candidate à la primaire populaire apporte de nombreuses propositions : mise en place du RSA pour les moins de 25 ans en situation de précarité (en non-emploi et ne faisant pas d’études), une aide d’état allant jusqu’à 20.000 euros pour la création et la poursuite d’un projet, ainsi qu’une mesure phare : la mise en place d’un revenu de 800 euros par mois pendant 5 ans pour les jeunes suivant des études. En effet, Christiane Taubira, qui insiste sur l’usage du terme de « revenus » plutôt que de celui « d’allocation », rappelle que 46% des étudiantes et étudiants en France se voient obligés de travailler en parallèle de leurs études pour financer celles-ci, et que le nombre d’étudiant·es précaires a doublé durant la crise du covid-19. Elle avance donc la proposition de créer un tel revenu pour faire face à cette précarité grandissante, ne se gênant pas pour moquer ses opposants et leurs propos sur le sujet, notamment Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, qui a récemment remis en cause la quasi-gratuité de l’enseignement supérieur.

Christiane Taubira au pupitre (Alice Gosselin)

« Oui, il faut taxer les riches !»

Et pour soutenir ces projets financièrement coûteux, notamment le revenus jeunes étudiant estimé à un coût de 24 milliards d’euros par an, 1.5% du PIB, Christiane Taubira ne souhaite pas faire dans le flou, et expose de nombreuses mesures plus ou moins radicale, pour subventionner l’éducation et l’épanouissement des jeunes générations.

La candidate insiste tout particulièrement sur la mise en place d’une politique de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale bien plus efficace, qui pourrait rapporter énormément à l’État, ou tout du moins minimiser voire éradiquer d’importantes pertes déjà existantes. Christiane Taubira insiste notamment sur la nécessité de « faire du ménage dans les niches fiscales », rappelant l’existence de 471 de ces mini paradis fiscaux en France, pour un manque à gagner annuel de 91 milliards d’euros, soit plus du quart des recettes fiscales nettes perçue par l’État (chiffres 2021).

L’ancienne garde des sceaux revient également sur la nécessité de revoir les taux d’imposition en France, faisant remarquer que si les très riches bénéficient de la solidarité sociale, ils doivent eux même contribuer à cette solidarité, à un niveau proportionnel à leurs capacités. Christiane Taubira fait ainsi référence au projet de taxe à 75% pour la part des revenus situé au-dessus d’un million d’euros par an, promesse de campagne de l’ancien président François Hollande, mais qui avait échoué sa mise en place face à la pression de la droite. La candidate de gauche semble donc vouloir revenir sur cette mesure, elle affirme en tout cas que « oui, il faut taxer les riches ! ». Elle affirmera le lendemain dans libération le souhait de mettre en place un « impôt sur l’extrême richesse ».

« C’est grâce à vous que j’ai ma passion pour la politique »

Après un discours d’une bonne demi-heure devant l’amphithéâtre bondé, majoritairement d’étudiant·es, Christiane Taubira rejoint sous les applaudissements du public la table centrale pour répondre aux différentes questions de l’assemblée quant aux mesures qu’elle vient d’annoncer.

Si la majorité des interventions se font dans le respect et la bienveillance, soumettant la candidate à des questions sur certains détails de ces propositions, l’importance du combat écologiste pour la jeunesse ou encore sa future politique migratoire, l’ambiance bon enfant et interactive de l’échange finit par être brisée. Un étudiant prend la parole pour reprocher à Christiane Taubira le programme du PRG de 2002 qu’elle avait porté, ou encore sa participation au quinquennat François Hollande quelques années plus tôt. La candidate jusque la si calme et sympathique se fait alors plus piquante et amère dans sa réponse, pour défendre fièrement ses engagements passés, insistant tout particulièrement sur les nombreux points de conflits qu’elle a pue avoir avec Manuel Valls, mais également l’« impertinence » d’invoquer un programme datant d’il y a 20 ans. L’ancienne Garde des sceaux montre qu’elle n’a rien perdu de la vigueur et du charisme dont elle faisait preuve durant ses plaidoyers à l’assemblée en 2013, provoquant une vague d’applaudissement dans le public, visiblement convaincue par cette réponse.

La session de question s’achève par une prise de parole touchante de la part d’un des jeunes du public, « c’est grâce à vous que j’ai ma passion pour la politique » affirme-t-il avec un grand sourire avant de présenter des remerciements à l’ex-ministre de la justice. Un moment plein d’humanité qui ne manque pas de stimuler la compassion de l’assemblée, soutenant les propos du jeune homme par de nombreux applaudissements.

Christiane Taubira profite de la fin de la rencontre pour signer des autographes. (Alice Gosselin)

« Je vous demande de révéler la vocation de grandeur de la nature humaine »

Une fois ce temps de question fini, l’échange se clos sur quelques dédicaces et selfies avec les étudiants venus assister à la rencontre. Christiane Taubira est ensuite exfiltrée non sans peine par la sécurité vers une autres salles de l’école pour un moment d’échanges avec les membres du collectif local des jeunes avec Taubira ayant organisé l’évènement.

L’amphithéâtre se vide, bien que déjà convaincu.e.s en arrivant pour la plupart, les étudiant·es présent·es à la rencontre semble satisfait.e.ss par le discours de la candidate et son appel à la jeunesse, faisant écho à celui de Jean Jaurès qu’elle citait dans son discours, et sa demande de « révéler la vocation de grandeur de la nature humaine. ».

Environ une demi-heure plus tard, Christiane Taubira quitte les locaux de sciences-po et offre une dernière photo à ses soutiens encore présents dans le hall de l’école.

Bien que créditée de seulement 5.5 points dans les derniers sondages (Cluster 17–18/01/22), Christiane Taubira aura su visiblement marquer les esprits ce soir à science-po Lille. La candidate se veut être représentante d’une génération de jeunes votant·es auquel elle a pu s’adresser au cours de cette rencontre, en portant notamment des valeurs humanistes, proches des gens et en appelant à l’union des gauches comme seul moyen d’emporter la victoire.

Christiane Taubira pose avec ses soutiens. (Alice Gosselin)
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TDS en danger : retour sur la Journée Mondiale de Lutte

Alors que les fêtes de fin d’année approchent, la lutte pour les droits des Travailleurs.euses Du Sexe ne prend pas de vacances. Retour sur la journée mondiale de lutte du vendredi 17 décembre 2021 & sur le rassemblement organisé à Lille.

Ce vendredi, à 17 heures, une cinquantaine de personnes s’est réunie sur la Place de la République. L’objectif ? Marquer la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux personnes travailleuses du sexe par un rassemblement.

Allié.e.s & travailleurs.euses du sexe, plusieurs interventions ont été écoutées afin de donner la parole aux travailleurs.euses du sexe, anonymes ou non, sur leur vécu & leurs conditions de travail marquées par les obstacles de la putophobie.

Behind The Society vous fait revivre le rassemblement avec un photoreportage à deux appareils photos.

Photos de Loïs Hamard & Alice Gosselin

Texte de Loïs Hamard

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Retour sur la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles à Lille

En finir avec les violences sexistes et sexuelles

Les températures avoisinaient le zéro à Lille mais la détermination des manifestant.e.s était brûlante lors de la mobilisation du 27 novembre contre les violences sexistes & sexuelles. Le cortège s’est rassemblé à 14h sur la Grand Place et s’est acheminé dans les rues de la ville jusqu’à la place de la République où un hommage a eu lieu. C’est dans une ambiance musicale, que les voix et les pancartes s’élevaient pour dénoncer les violences faites aux femmes & aux minorités de genre.

On peut lire des messages comme “70% des plaintes classées sans suite”, “Le consentement même pour le gouvernement”, “En crachant sur les victimes vous avez levé une armée”. Quant aux slogans, les centaines de voix présentent clamaient en cœur : “les violeurs au milieu, le patriarcat au feu”, “violeurs, sexistes, on vous voit”, “féminicides : État coupable, justice complice”.

“C’est une cause dont on entend pas assez parler, il faut qu’il y ait plus de monde qui se mobilise pour que cela crée un écho au-delà de la petite manifestation.”

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille.

Des messages qui se rejoignent mais qui ne disent pas tous la même chose, cependant, une chose est bien commune à tou.te.s les manifestant.e.s : la colère. Ce sentiment partagé face à l’inaction et même l’implicite complicité du gouvernement face aux violences, face à ces personnes sexisées qui meurent tous les trois jours, face à l’impunité du viol, face au manque de représentation des femmes, des minorités de genre & des personnes non-hétérosexuelles, face à la non reconnaissance de toutes les femmes et de toutes les minorités de genre. 

Se réapproprier l’espace public

Afin de mieux sonder les motivations, les volontés et les impressions des manifestant.e.s, pour BTS nous sommes allées les interroger sur les causes de leur présence. Être dans la rue, prendre de la place, crier des slogans féministes, se confronter aux policiers, c’est déjà un acte politique. Face à la sous représentation des femmes et des minorités de genre partout ailleurs, la rue reste un endroit majeur de lutte. 

“Pour me réapproprier l’espace public parce qu’il appartient qu’aux hommes cis, notamment hétéros et c’est aussi pour revendiquer la présence des personnes non binaires dans la culture qui sont invisibilisées comme toutes les minorités de genre”. 

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille

Rappeler l’importance de la cause

Cette manifestation est aussi pour beaucoup une piqûre de rappel.  « Les féministes français.e.s ont bien de la chance, elles ne devraient pas se plaindre, c’est quand même bien pire en Afghanistan ou au Mexique. » Tant de remarques que l’on peut entendre dans nos familles, dans nos cercles d’amis, dans les médias. Alors venir manifester c’est aussi rappeler que la situation des féminicides en France est inquiétante, c’est rappeler également que les violeurs restent très majoritairement impunis. 

“De montrer qu’il y a toujours des violences sexuelles et sexistes partout, être dans la rue ça permet de le rappeler”

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille.

“Il y en a ras le bol qu’on en soit encore là aujourd’hui”

Un ras le bol général

Les manifestant.es partageaient la même colère face à l’inaction et même le mépris de cette cause qui a encore trop peu de résonance à grande échelle et que l’État laisse aux mains des associations et collectifs. 

“C’est une cause qui est encore trop mise de côté. C’est important car si on est pas égaux.alles entre nous on pourra pas se pencher sur d’autres combats”

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille.

Vers un changement de mentalité

Le rassemblement Place de la République laissait paraître une grande solidarité, un souhait de montrer son soutien à celleux qui ne sont plus là, celleux qui luttent chaque jour, celleux qu’on n’écoute pas. 

“Pour montrer que les femmes* sont pas toutes seules dans leur galère”

Manifestant.e le 27 novembre 2021 à Lille.

Un tel changement de mentalité dans notre société suggère une prise de conscience de la part des hommes cis hétéros, parce qu’on ne pourra jamais avancer si ceux qui ont le plus gros rôle à jouer restent les complices des violences. 

“La mission des hommes cis, hétéros et blancs c’est de transmettre et propager la lutte auprès des autres hommes. La parole des femmes n’est jamais entendue par les hommes. C’est donc aux hommes de convaincre les autres hommes de changer”.

Photo de couverture par Alice Gosselin

Photo-reportage par Clémentine Gaultier & Naëlle Oboeuf

Article de Léa Le Demnat