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L'île de Lille Out of the closet

La construction de l’homophobie masculine dans les Hauts-de-France

Les différents stands des Pridays dans la salle du Gymnase à Lille.


Ce samedi 12 février 2022, le ciel ensoleillé de Lille est traversé par un arc-en-ciel en l’honneur des Pridays. En partenariat avec l’association Fiertés Lille Pride, la ville a organisé une journée des cultures LGBTI+ afin de partager l’histoire et les cultures de ces communautés, de sensibiliser et de lutter davantage contre les LGBTphobies. Pour cela, rien de mieux que de s’instruire sur les différents mécanismes qui ont donné naissance aux différentes discriminations. Les conférences de l’historien Sébastien Landrieux et du doctorant en géographie, Théophile Plouvier, nous explique justement la naissance de l’homophobie masculine dans le Nord d’hier à aujourd’hui.

Documentation présente lors de la journée des Pridays

Alors que les travaux sur l’homophobie se sont toujours intéressés qu’à Paris, voici la première thèse sur l’homophobie dans le Nord. La thèse de Sébastien Landrieux s’appuie sur un travail d’archives publiques et s’inscrit donc dans le temps puisqu’il étudie l’homophobie masculine de 1891 à 1986. Il remarque que l’homophobie est liée à plusieurs processus de répression.

  • Les lois en France

Pour commencer, S. Landrieux précise qu’au 19ème siècle, l’homosexualité est jugée comme une pratique gênante qui est interdite par la société. L’État, à cette époque, n’est pas protecteur, ce qui fait que les homosexuels vivent dans la peur du scandale, de la révélation et qu’ils construisent leurs vies en marge de la société. Par rapport aux différentes lois qui vont suivre, les hommes homosexuels ne rentrent pas dans la moralité bienséante et leurs droits ne se verront pas accordés de la même façon qu’aux personnes hétérosexuelles. Par exemple, un homme homosexuel peut se faire licencier sans préavis si son patron apprend qu’il est homosexuel. Il peut également se faire virer de son logement par son propriétaire si celui-ci apprend son orientation sexuelle. Ces modes d’action seront abolis par la loi qu’en 1986 et en 1981.

Ensuite, le conférencier explique que des lois ont favorisé à tisser un lien entre la prostitution et l’homosexualité en les mettant au même rang. Tout d’abord, la loi dictée en 1917 qui vise les individus de « mœurs spéciales » soient les homosexuels et les « femmes de mauvaise vie », les prostituées, à être limité à un débit de boisson spécial. Ensuite, la loi « Marthe Richard » votée en 1946 qui vise à fermer les maisons closes du pays et à renforcer la lutte contre le proxénétisme renforce cette idée puisque des hommes homosexuels se prostituaient également dans ces maisons closes.

Sébastien Landrieux ajoute deux lois également qui ont fait, dans la société de l’époque, un lien entre l’homosexualité et la pédocriminalité. Tout d’abord, celle de 1942 sur la majorité sexuelle qui fixe celle-ci à 15 ans pour les actes hétérosexuels et à 21 ans pour les actes homosexuels, discriminant de facto l’homosexualité. Cette période de l’histoire sous le régime de Vichy contribue à l’accroissement de l’homophobie qui se traduit par une violence exercée par toute la société au quotidien sur les homosexuels. Ensuite, la loi de 1945 qui dit que: « Sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 60 FF à 15000 FF quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans ». La politique de l’après-guerre ne s’est donc pas caractérisée par une approche plus conforme au respect des droits de l’homme, pourtant fortement réaffirmés dans la constitution de 1946.

Enfin, dans sa thèse, Sébastien Landrieux s’arrête à l’amendement Mirguet de 1960 qui classe l’homosexualité comme « fléau social ».

  • Lille : épicentre de la vie homosexuelle et de la répression
Couverture du livret de présentation des Pridays 2022

Comme autres moyens de coercition, il y a la police et les médias. Dans l’histoire de l’homosexualité à Lille, il y a plusieurs périodes de grande répression notamment en période pré-électorale. Entre les deux guerres, le chercheur remarque une accentuation de cette répression qu’il explique par une plus grande visibilité de la communauté homosexuelle et par le fait que le Nord ait été touché frontalement et directement par la guerre. Cela a provoqué une hausse d’enfants orphelins qui se prostituaient envers d’autres hommes pour gagner le sous. Mais c’est particulièrement après la seconde guerre mondiale, dans les années 1946-1948, qu’il y avait au moins une arrestation tous les trois jours.

Sébastien Landrieux nous fait remarquer que les pénalités dépendent du territoire où l’homme homosexuel se fait arrêter car il y a dans tous les cas une prégnance de la part du juge et du procureur. Les peines dépendent également de l’homme arrêté, de son statut social ou encore de sa couleur de peau. Comme exemple, il nous dit qu’un homme blanc, marié, avec des enfants, catholique et bourgeois sera forcément davantage épargné par la justice qu’un homme racisé, d’origine étrangère et de religion différente. Pour finir, il nous fait remarquer que « l’homosexuel c’est l’Autre ». Il y a dans cette réflexion, une sorte d’ethnocentrisme qui nous fait penser que si l’on vient d’une classe populaire, alors l’homosexuel sera le bourgeois oisif qui n’a rien à faire de ses journées à part s’amuser. Si l’on vient d’une classe bourgeoise, on pensera que l’homosexualité n’est qu’un « délire » de la classe populaire.

Le chercheur s’intéresse également aux insultes proférées à l’encontre des forces de l’ordre. Il remarque qu’entre les deux guerres apparaissent les insultes dégenrées comme « salope » ou encore « lopette », et que ce n’est qu’à partir des années 60 que l’insulte « pédé » s’inscrit dans ces interactions. Aujourd’hui, ces insultes homophobes ont été pour la plupart réapproprié par la communauté homosexuelle afin de retourner les stigmates qu’on leur impose et d’en faire une force.

Quant à la question des médias, ils sont représentés à l’époque comme le relais politique de l’action policière. Ils jouent totalement le jeu de l’oppresseur en affichant directement dans le journal le nom et parfois même le portrait des hommes inculpés. Il y a une totale absence du respect de la présomption d’innocence. Ce qui peut paraître surprenant, c’est qu’auparavant plus l’organe de presse est à gauche, plus il se doit de trouver de nouveaux lecteurs et donc d’être racoleur en exprimant ces faits-divers. Contrairement, à la presse de droite, qui souvent était associée au catholicisme et qui se devait de ne pas diffuser ce genre d’affaires pour préserver la famille et les enfants des actes convenus comme « contre-natures » par la religion.

  • Les théories psychanalytiques de l’homosexualité

Alors que l’homosexualité était d’abord diagnostiquée comme une pathologie, au 20ème siècle, deux théories émergent de la part des psychiatres. Celle du pervers, qui fait voir l’homme homosexuel comme un hétérosexuel blasé de ses expériences avec les femmes et qui tente avec les hommes, et celle de l’inverti au sens génital, soit l’idée qu’il serait une femme dans un corps d’homme et inversement. Comme ces théories ne sont pas démontrées, les docteurs pensent alors que l’homosexualité est une névrose ou une psychose. Dès 1940, les hommes homosexuels sont donc orientés vers la psychanalyse et la médecine de ville. Cette dernière propose deux médicaments pour « soigner » l’homosexualité. Certaines injectent de la testostérone pour viriliser et hétérosexualiser l’individus et d’autres donnent du Gardenal, qui est un médicament de traitement contre la dépression. Effectivement, le corps médical pensait qu’on était dépressif parce qu’on était homosexuel et donc qu’il fallait guérir de cela. D’ailleurs, L’Organisme Mondial de la Santé ne supprimera l’homosexualité de la liste des maladies mentales que le 17 mai 1993, date qui sera retenue pour la commémoration de la journée internationale contre l’homophobie.

En abordant la thèse de Théophile Louvier, complémentaire de celle abordée précédemment, on se rend à l’évidence que l’homophobie n’est pas monolithique. Alors que son approche repose sur les travaux d’Eric Fassin, sociologue français spécialisé sur les questions de genre et de race, ce doctorant distingue plusieurs homophobies. Tout d’abord, celle qui est attribuée au sexisme, qui est le fait de ne pas correspondre aux normes genrées imposées par la société et qui donne lieu aux insultes comme « enculé » ou encore « pédé ». Ensuite, l’homophobie différencialiste qui est de considérer l’homosexualité comme différente de l’hétérosexualité en n’accordant pas les mêmes droits aux individus homosexuels qu’hétérosexuels. Comme exemple, la Manif pour tous est le principal collectif d’associations en opposition à la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe (dit « mariage pour tous ») en France. Enfin, l’homophobie assimilationniste qui fait que l’on accepte l’homosexualité que s’il y a des similarités avec la vie de personnes hétérosexuelles comme le couple monogame, l’importance de la vie de famille …

  • La gestion du risque
Graphique issu du rapport sur les LGBTphobies 2021 réalisé par l’association SOShomophobie

Même si de nos jours, on ne condamne plus l’homosexualité mais l’homophobie en France, seulement 5 à 20 % des agressions donnent lieu à un dépôt de plainte. La présence d’homophobie va conduire à une crainte, une peur qui va faire qu’un homme homosexuel va vouloir avoir un contrôle permanent sur ses pratiques spatiales. Effectivement, les risques d’homophobie vont agir sur la fréquentation des lieux de l’individu, sur son comportement (avec qui parler de sa vie privée ?) et sur son apparence (ne pas paraître « gay » ou « efféminé » dans la rue par exemple). Le travail de thèse Théophile Louvier porte justement là-dessus, c’est-à-dire sur la corrélation entre le vécu de l’homophobie, la représentation de l’homophobie et sur la gestion du risque.

L’enquête de Théophile Louvier est encore en cours. Si vous voulez répondre au questionnaire, le lien est juste ici. Également, si vous connaissez des hommes homosexuels qui auraient vécu à Lille au siècle dernier, vous pouvez contacter Sébastien Landrieux à l’adresse mail suivante : sébastien.landrieux.etu@univ-lille.fr

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Féministes tant qu'il le faudra Podcasts

[Critique] « Queer » : être féministe et rappeuse ?

Ce podcast est bien sûr à retrouver, en format audio, sur l’ensemble de vos plateformes d’écoute habituelles : Spotify, Deezer, Apple Podcast et bien sûr, Google Podcast !

Retranscription écrite du podcast :

Jingle de Behind The Society

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui on vous parle d’un documentaire nommé Queer sorti le 21 octobre 2021 sur la plateforme BrutX.

Réalisé par Sara Kheladi, ce court reportage aborde la place des femmes et de la communauté LGBTQIA + sur la scène du rap français.

Et oui, composé majoritairement d’hommes, ce milieu est souvent connu pour ses punchlines autour du sexe discriminant et violent envers les femmes avec une légère touche de machisme et d’homophobie.

Voici un léger extrait pour vos petites oreilles …

(Extraits des musiques « Tchoin » de Kaaris, « Salé » de Niska, « Sors le cross volé » de Jul et « Foufoune palace » de Luidji. Il dure 31 secondes.)

Alors bien sûr, sorti de son contexte, c’est d’autant plus choquant mais bon, le rap ne se résume pas qu’à ça.

La preuve, on découvre dans ce documentaire, trois artistes féminines qui ont pour ambition de se faire une place dans le rap game. Les trois rappeuses ne revendiquent pas leur rap comme étant queer mais comme féministe car il est un moyen d’exprimer leur féminité et de donner confiance aux femmes d’après elles.

Alors petit point vocabulaire, Queer signifie en anglais : « bizarre, inadapté ». Par glissement, l’adjectif a défini plus largement toute personne en marge du schéma hétéronormé. Aujourd’hui, queer est le mot étendard de la communauté LGBTQ+, utilisé pour revendiquer avec fierté l’appartenance à l’ensemble des minorités sexuelles et de genre.

Bon, il est temps de présenter les trois figures vedettes du documentaire : il y a Shani Da Flava, se présentant comme une rappeuse insolente. Après un premier single, DAMN, dévoilé sur Soundcloud en 2019, la rappeuse de 21 ans enchaîne avec un titre plus mystique suivi d’un EP. Elle se met en scène dans des clips à l’esthétique soignée, avec des morceaux à la fois provocants et savoureux s’inscrivant dans une démarche militante. Ensuite, il y a Turtle White, bi, noire, femme plus centrée sur la trap. D’origine haÏssienne, elle se lance dans le rap en 2018 en participant à des concours de freestyle sur Instagram et sera révélée en 2019 par le tremplin Rappeuz avec un z à la fin. La rappeuse, qui définit son flow comme « lent et nonchalant », figure notamment sur la mixtape Rap2Filles (La Souterraine), première compilation de rap français 100 % féminin. Enfin, on termine par le portrait de Lalla rami, rappeuse transgenre d’origine marocaine. Elle retrace son parcours de vie dans ses morceaux et notamment la violence du regard masculin sur son identité de genre. Lalla Rami voue une admiration sans faille aux shiraz, chanteuses et danseuses professionnelles marocaines. Elle a précédemment sorti le morceau 4h20 aux Disques du Lobby, plateforme SoundCloud réservée à la communauté LGBTQI+. On la retrouve en featuring avec Shani Da Flava et Turle White sur le titre Lakali!, à l’occasion du documentaire produit par BrutX.

Comme le raconte donc Lalla rami dans ses sons, ses trois filles ont vécu et vivent toujours les mêmes remarques par rapport à leur genre, leur orientation sexuelle et leur style. Entre le harcèlement scolaire, la misogynie, le racisme, la transphobie, l’homophobie, elles ont envie de s’exprimer, de prendre leur revanche et de créer leur place elle-même puisque la société dans laquelle nous vivons ne leur permet pas. Elles sont aussi fières de leur ascension, de leur parcours car ils permettent d’avoir de nouvelles figures féminines et queer dans le rap et donc de permettre plus d’identification et de représentations pour les individus qui les écoutent. Turtle White ajoute que c’est important de transmettre le message aux femmes du « moi aussi, je peux le faire », moi aussi, je peux y arriver si j’ai envie de le faire, je peux m’habiller comme je veux, dire ce que je veux. C’est pas parce qu’on a pas le même genre ou le même sexe qu’il y a une différence entre nous. En fait, elles soulignent aussi le paradoxe de dire que Queer signifie être différent mais pour dire qu’au final, elles sont comme tout le monde. Elles ne méritent pas de discriminations, de violences, d’insultes pour qui elles ont, c’est des êtres vivants comme tout le monde quoi ! Personne ne mérite ça.

Pour finir, ce qui est super intéressant et important à retenir dans ce documentaire même si il a pour nom Queer en référence aux artistes féminines qui se définissent par ce terme, c’est dire que le rap n’a pas de sexe et n’a pas de genre. Et elles le disent pertinemment face aux caméras, il ne devrait pas y avoir de distinction entre le rap masculin et le rap féminin. Elles font du rap et c’est tout !

Bon j’espère que ce podcast vous a plu. Vous pouvez retrouver le reportage sur la plateforme BrutX et leurs sons principalement sur SoundCloud, Youtube, Deezer et Spotify. Si vous aimez bien le rap en général, n’hésitez pas à lire “Madame Rap” qui est le premier média en France dédié aux femmes et aux LGBT+ dans le hip hop. Il a été fondé en 2016, et a pour but de combattre le sexisme et les LGBT+phobies à travers ce média en ligne, mais aussi d’organiser des événements (concerts, open-mics…), des ateliers d’écriture et de sensibilisation auprès de jeunes publics et de professionel·le·s. 

Pour finir en beauté et peut-être vous donner envie d’aller checker leurs sons sur les plateformes, voici un extrait du son qu’elles ont composé pour BrutX.

Bonne journée à toutes et à tous et à mercredi prochain !

Jingle de Behind The Society

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui on vous parle d’un documentaire nommé Queer sorti le 21 octobre 2021 sur la plateforme BrutX.

Réalisé par Sara Kheladi, ce court reportage aborde la place des femmes et de la communauté LGBTQIA + sur la scène du rap français.

Et oui, composé majoritairement d’hommes, ce milieu est souvent connu pour ses punchlines autour du sexe discriminant et violent envers les femmes avec une légère touche de machisme et d’homophobie.

Voici un léger extrait pour vos petites oreilles …

Alors bien sûr, sorti de son contexte, c’est d’autant plus choquant mais bon, le rap ne se résume pas qu’à ça.

La preuve, on découvre dans ce documentaire, trois artistes féminines qui ont pour ambition de se faire une place dans le rap game. Les trois rappeuses ne revendiquent pas leur rap comme étant queer mais comme féministe car il est un moyen d’exprimer leur féminité et de donner confiance aux femmes d’après elles.

Alors petit point vocabulaire, Queer signifie en anglais : « bizarre, inadapté ». Par glissement, l’adjectif a défini plus largement toute personne en marge du schéma hétéronormé. Aujourd’hui, queer est le mot étendard de la communauté LGBTQ+, utilisé pour revendiquer avec fierté l’appartenance à l’ensemble des minorités sexuelles et de genre.

Bon, il est temps de présenter les trois figures vedettes du documentaire : il y a Shani Da Flava, se présentant comme une rappeuse insolente. Après un premier single, DAMN, dévoilé sur Soundcloud en 2019, la rappeuse de 21 ans enchaîne avec un titre plus mystique suivi d’un EP. Elle se met en scène dans des clips à l’esthétique soignée, avec des morceaux à la fois provocants et savoureux s’inscrivant dans une démarche militante. Ensuite, il y a Turtle White, bi, noire, femme plus centrée sur la trap. D’origine haÏssienne, elle se lance dans le rap en 2018 en participant à des concours de freestyle sur Instagram et sera révélée en 2019 par le tremplin Rappeuz avec un z à la fin. La rappeuse, qui définit son flow comme « lent et nonchalant », figure notamment sur la mixtape Rap2Filles (La Souterraine), première compilation de rap français 100 % féminin. Enfin, on termine par le portrait de Lalla rami, rappeuse transgenre d’origine marocaine. Elle retrace son parcours de vie dans ses morceaux et notamment la violence du regard masculin sur son identité de genre. Lalla Rami voue une admiration sans faille aux shiraz, chanteuses et danseuses professionnelles marocaines. Elle a précédemment sorti le morceau 4h20 aux Disques du Lobby, plateforme SoundCloud réservée à la communauté LGBTQI+. On la retrouve en featuring avec Shani Da Flava et Turle White sur le titre Lakali!, à l’occasion du documentaire produit par BrutX.

Comme le raconte donc Lalla rami dans ses sons, ses trois filles ont vécu et vivent toujours les mêmes remarques par rapport à leur genre, leur orientation sexuelle et leur style. Entre le harcèlement scolaire, la misogynie, le racisme, la transphobie, l’homophobie, elles ont envie de s’exprimer, de prendre leur revanche et de créer leur place elle-même puisque la société dans laquelle nous vivons ne leur permet pas. Elles sont aussi fières de leur ascension, de leur parcours car ils permettent d’avoir de nouvelles figures féminines et queer dans le rap et donc de permettre plus d’identification et de représentations pour les individus qui les écoutent. Turtle White ajoute que c’est important de transmettre le message aux femmes du « moi aussi, je peux le faire », moi aussi, je peux y arriver si j’ai envie de le faire, je peux m’habiller comme je veux, dire ce que je veux. C’est pas parce qu’on a pas le même genre ou le même sexe qu’il y a une différence entre nous. En fait, elles soulignent aussi le paradoxe de dire que Queer signifie être différent mais pour dire qu’au final, elles sont comme tout le monde. Elles ne méritent pas de discriminations, de violences, d’insultes pour qui elles ont, c’est des êtres vivants comme tout le monde quoi ! Personne ne mérite ça.

Pour finir, ce qui est super intéressant et important à retenir dans ce documentaire même si il a pour nom Queer en référence aux artistes féminines qui se définissent par ce terme, c’est dire que le rap n’a pas de sexe et n’a pas de genre. Et elles le disent pertinemment face aux caméras, il ne devrait pas y avoir de distinction entre le rap masculin et le rap féminin. Elles font du rap et c’est tout !

Bon j’espère que ce podcast vous a plu. Vous pouvez retrouver le reportage sur la plateforme BrutX et leurs sons principalement sur SoundCloud, Youtube, Deezer et Spotify. Si vous aimez bien le rap en général, n’hésitez pas à lire “Madame Rap” qui est le premier média en France dédié aux femmes et aux LGBT+ dans le hip hop. Il a été fondé en 2016, et a pour but de combattre le sexisme et les LGBT+phobies à travers ce média en ligne, mais aussi d’organiser des événements (concerts, open-mics…), des ateliers d’écriture et de sensibilisation auprès de jeunes publics et de professionel·le·s. 

Pour finir en beauté et peut-être vous donner envie d’aller checker leurs sons sur les plateformes, voici un extrait du son qu’elles ont composé pour BrutX.

Bonne journée à toutes et à tous et à mercredi prochain !