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Aux urnes citoyen.ne.s

Édito pour un sursaut démocratique

Depuis quelques années en France, il apparaît très clairement que la démocratie se porte de plus en plus mal. Si parler de dictature serait hyperboliser la situation actuelle, nous ne pouvons cependant plus affirmer que la France applique le modèle acquis lors de la révolution de 1789. Depuis un certain temps, elle glisse dangereusement vers les dérives autoritaires et liberticides, en témoigne sa chute dans l’indice démocratique dû aux nombreuses mesures prises contre la liberté de la presse, d’expression et d’opinion.
La France est aujourd’hui au rang des “failed democracy”, une démocratie défaillante, en péril, et ayant entamée sa route vers de biens sombres destinées. Mais ce statut ne devrait pas nous désespérer, loin de là, et au contraire nous appeler à une mobilisation sans relâche et sans précédent pour sauver notre démocratie, si précieuse mais si fragile.
Aujourd’hui et dans 15 jours, les Françaises et les Français seront donc appelés à se déplacer aux urnes. Pour décider qui, parmi la douzaine de candidats et candidates, détiendra pendant 5 ans le pouvoir de faire sombrer la démocratie encore plus, ou au contraire, lui donner un peu d’air, un nouveau souffle. 

Loin de moi l’idée que cette élection et que toute élection en général puisse marquer le salut de tout un peuple, contrairement aux prétentions de certains candidats. Aujourd’hui, nous ne décidons pas le cœur joyeux en qui nous plaçons tous nos espoirs, mais bien qui sera notre adversaire pour les 5 prochaines années.
Et même si, comme nous le montre l’histoire, tout changement ne peut venir que du peuple pour le peuple, il est évident que ce changement sera reçu et réprimé avec une intensité et des méthodes différentes en fonction de qui détient le pouvoir.
Si le pouvoir de porter la revendication, de la mettre en lumière et de faire pression sur l’autorité est sans équivoque celui du peuple, le pouvoir de décision revient au final toujours à l’Etat. Et ledit Etat, en fonction de son dirigeant, sera plus ou moins à même d’accepter les revendications populaires, ou au contraire de les réprimer dans le sang.
En ce sens, Oui, le pouvoir de décider quel chemin va prendre notre démocratie sera entre les mains de celui ou celle qui sera choisi à l’issue de ces élections.

Mais ces élections ont été corrompues, subtilisées par des personnages aux intentions malfaisantes et haineuses. Alors que la population, et tout particulièrement les jeunes générations, futures occupantes de cette terre, portent une envie d’écologie, de justice sociale, d’égalité et d’équité, les thèmes abordés tout au long de la campagne n’ont été que ceux d’une branche haineuse et indigne de toute représentation.
L’extrême droite a su ramener à elle les quelques débats, trop peu nombreux, pour imposer sa vision pestilentielle et ségrégationniste du monde, bénéficiant d’une banalisation affligeante de ses propos racistes, antisémites et islamophobes, intolérables il y a encore 10 ans.
Face à cela, elle a même bénéficié d’une presque absence de critiques et de mise en garde : tolérée voire imitée par une droite “républicaine” et “modérée”, moquée et ignorée par une gauche institutionnelle n’osant pas la réelle dénonciation.

Cette même gauche institutionnelle semble avoir perdu toutes ses racines.
Le terme de “socialiste”, autrefois fort et plein de sens, a été défiguré et vidée de son âme travailliste pour servir une idéologie modérée et accepter les pactes avec la droite non extrême. L’embrassement du libéralisme économique est acté, et même les arguments sociétaux qui subsistaient encore commencent à eux aussi disparaître pour attirer une population plus « mesurée », et souhaitant avant tout protéger ces illusions de privilège plutôt que d’accepter un réel changement.
L’écologie a également perdu toute sa gloire et sa force d’antan. Oublié le tiers-mondisme et l’activisme de René Dumont, l’écologie est désormais une affaire d’urbains voulant “sauver la planète” depuis leurs tours d’ivoire, sans se préoccuper des spécificités populaires et rurales, souvent incompatibles avec les rêves de monde sans voiture et de capitalisme vert. Quand même les questions de décentralisation et de décroissance n’intéressent plus les partis, l’écologie altermondialiste des années 70 ressemble en effet à une utopie.
Quant à la gauche qui s’apparente le plus à celle historique : ni libérale, ni révolutionnaire, elle se retrouve aujourd’hui plongée dans une crise d’identité la relayant au rang de “vote utile” plus que de conviction. Elle défend la justice sociale et l’égalité pour certains, mais pas pour tout le monde ; se présente comme l’alliée des quartiers et des classes populaires, mais le fait sans ces mêmes quartiers et classe, avec un cœur militant moyen/moyen-sup; elle se veut accueillante envers les réfugiés, tout en souhaitant faire de la France une puissance forte et indépendante, penchant de plus en plus dans des biais isolationnistes bannissant l’internationalisme d’autrefois.
Cette gauche a perdu son tempérament de résistante, à lissé son image pour se rendre plus agréable, plus présidentiable. Le but n’est plus la rupture vers un nouveau système, mais l’adoucissement de celui actuel.

Mais face à ce manque d’entrain et de passion, le péril fasciste est lui toujours plus fort, toujours plus présent dans l’espace public et médiatique, toujours plus proche du pouvoir et des institutions. Il est devenu capital de faire barrage, de dire non au retour des temps les plus sombres de l’humanité, autant dans les urnes que dans la rue.
Cet édito n’est donc pas un appel à voter pour tel ou tel candidat. Ce choix est individuel et doit le rester, tout vote pour la démocratie est un bon vote, qu’il soit utile ou de convictions, la stigmatisation sur ce sujet est déjà bien trop présente en ce moment. Il est un appel à la conscience, conscience que le futur ne se joue qu’à un fil et que le basculement va probablement dépendre du visage qui s’affichera sur la télé de millions de Françaises et Français dimanche soir, dans deux semaines. Mais pas seulement. Dans 15 jours, la France aura une nouvelle présidente ou un nouveau président, mais également un nouvel adversaire pour 5 ans. Si cette élection va peut-être marquer un basculement dans notre histoire, nous, le peuple seront les seul·e·s en mesure de lutter contre ce basculement et de défendre nos valeurs et convictions. La démocratie ne s’arrête pas à un bulletin de vote, elle dure toute l’année.
Cet édito est donc un appel à un sursaut démocratique général, un sursaut populaire, un sursaut humain. Aujourd’hui et dans 2 semaines, nous irons choisir notre adversaire pour 5 ans, faisons en sorte de ne pas le ménager par la suite et de nous battre pour nos droits et notre dignité, quelle que soit l’issue de ce vote. Battons nous, battons nous pour que ce sursaut démocratique se pérennise et devienne une révolution des peuples, une vague inarrêtable.

Sans l’autorité d’un seul,
Il y aurait la lumière,
Il y aurait la vérité,
Il y aurait la justice.
L’autorité d’un seul,
C’est un crime.
Ce que nous voulons, c’est
L’autorité de tous.

Louise Michel

Alice Gosselin, étudiante journaliste et militante.

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L'île de Lille

Grève pour l’augmentation des salaires: ras-le-bol social !

Au départ de porte de paris, la manifestation se déroule sans grabuge, le dispositif policier mobilisé est léger et ne tente pas de provocations envers les manifestants, encadrant simplement le cortège à l’avant et à l’arrière avec l’aide des agents de la ville.

Sur les banderoles brandies par les manifestants, on reconnaît de nombreux logos souvent présents dans ce type de revendications : CGT, Solidaires 59, CSP 59, UNEF ou encore FSE. Les slogans scandés sont de même les habituelles revendications appelant à la démission d’Emmanuel Macron ou à l’abolition du système capitaliste : simples mais efficaces.

En pleine période de campagne présidentielle, il n’est également pas étonnant d’apercevoir les banderoles du PCF, des Écologistes, ou encore de la France Insoumise : Adrien Quatennens, député de la 1ère circonscription du nord et coordinateur national de la FI était notamment présent avec ces derniers pour porter leurs revendications.

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Féministes tant qu'il le faudra L'île de Lille

Marche féministe du 12 mars : ambiance festive et modérée

La manifestation, au départ de la place de la République, remonte le boulevard Gambetta avant de s’engager sur la rue Colbert et redescendre sur le boulevard Vauban. Après avoir longé la rue Solférino, le cortège retourne à place de la république, rejoignant au niveau de Sébastopol le cortège « Look Up »: la manif pour le climat qui se tenait le même après-midi.

Contrairement à la marche nocturne du 8 mars, cette manifestation affiche un aspect moins radical : peu ou pas de slogan fort, un cortège bon enfant, plus festif que revendicatif (à l’image de la pride de Paris organisée par l’inter) et en somme assez peu d’intersectionnalité.

En effet, malgré la présence de quelques drapeaux LGBTQ et pancartes au tons plus radicaux et queer/pro-TDS, la manifestation affiche clairement une dimension très cis-hétéro centrée, avec des pancartes centrées sur la vulve/le clitoris et d’autres ouvertement putophobes.

A l’arrivée sur Sébastopol, le cortège rencontre celui de la marche pour le climat, rencontre bien sur prévue à l’avance. Si aucun conflit réel n’est a regretter, et que les prises de paroles à ce moment la arbore une dimension plus convergente, quelques disputes et éclats de violences, on cependant lieux entre des manifestant.e.s de la marche féministe et un groupe de gilets jaunes présents dans la manif « Look Up », ces dernier leur reprochant de ne pas participer aux « vrais luttes »…

Les deux cortèges réunis arrivent finalement à république quelques minutes après leur départ de Sébastopol, le rassemblement se dissipe rapidement et sans violence, à l’image de la manifestation dans son ensemble : calme et sans remous.

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À l'international

Ukraine: récit d’une guerre d’aujourd’hui

Tout d’abord un peu d’histoire

Le 8 décembre 1991, l’accord de Minsk, signé entre la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie acte la dissolution de l’URSS.
L’Ukraine obtient alors son indépendance si convoitée: de nombreuses révoltes avaient eu lieu par le passé contre l’absolutisme soviétique, et en 1991, 90% de la population ukrainienne votent l’indépendance de leur pays lors d’un référendum d’auto-détermination.

3 ans plus tard, le 5 décembre 1994, l’Ukraine signe le mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité: l’armée ukrainienne abandonne la possession de son arsenal nucléaire en échange de la garantie des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la Russie à respecter l’intégrité de son territoire: la souveraineté de l’Ukraine est actée.

En novembre 2013, la population Ukrainienne, alors fortement pro-europe proteste contre son président, lui pro-Russe: Viktor Ianoukovitch; c’est « l’Euromaiden ».
Face aux résistances du gouvernement, une révolution éclate alors en février 2014, et le président, destitué, s’enfuit en Russie.

En réponse à cette révolte, Vladimir Poutine lance une intervention en Crimée, qui sera annexée en mars.

Après 20 ans d’intégrité territoriale, l’indépendance de l’Ukraine est bafouée une première fois par le régime fasciste de Vladimir Poutine.
Cette annexion s’intègre en réalité dans un contexte plus large: une politique impérialiste et expansionniste du gouvernement Poutinien, déjà coupable de l’annexion de l’Ossétie en 2008.
La fin des combats sera finalement annoncée en début de 2015 avec les accords de Minsk et la capitulation de l’Ukraine sur ses territoires Criméen.

Fort de ses nouvelles possessions en Crimée, la Russie de Vladimir Poutine va, pendant 8 ans, alimenter des mouvements séparatistes dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Ces mouvements contestent le pouvoir légitime et démocratique des présidents Porochenko (entre 2014 et 2019) puis Zelenski (à partir de 2019), et causeront la mort de près de 15.000 personnes entre 2014 et aujourd’hui.

En octobre 2021, l’armée russe déploie plus de 100.000 soldats à la frontière Russo-Ukrainienne, menaçant l’invasion du territoire Ukrainiens. Des tentatives d’apaisement diplomatique sont alors menées par les pays occidentaux, pour éviter une invasion de l’Ukraine par l’armée Russe.

Malheureusement, ces tentatives de négociations seront un échec, et le 21 février 2022, la Russie reconnaît l’indépendance des régions ukrainiennes de Donetsk et Lougansk, s’attirant les sanctions économiques de l’occident. 3 jours plus tard, Vladimir Poutine lance l’invasion de l’Ukraine.

Quelles sont les motivations de la Russie ?

Pour justifier son intervention militaire en Ukraine, le Kremlin à avancé différentes explications plus ou moins crédibles.
Tout d’abord, Poutine a évoqué l’idée de libérer la province du Donbass de l’emprise Ukrainienne, notamment en procédant à une “dénazification” de la région. Cependant, aucune formation néo-nazi considérable ,n’existe en Ukraine, dont le paysage politique est dominé par un centre-droit libéral. De plus, il est aujourd’hui connu que les mouvements indépendantistes dans le Donbass sont en grande partie composés de mercenaires payés par la Russie.

De même qu’en 2014, la raison du rapprochement entre l’Ukraine et l’Union Européenne fait également partie des motifs invoqués par Vladimir Poutine. Mais ces arguments ne sont pas non plus valables: malgré un sentiment pro-européen fort en Ukraine et une volonté d’intégrer l’Union ainsi que l’OTAN, la France et l’Allemagne s’y sont toujours fermement opposés, rendant peu probable un réel rapprochement.

Les réelles motivations de la Russie sont donc purement impérialistes.
En effet, la politique menée par le Président Vladimir Poutine s’apparente à une politique néo-fasciste, politique dont l’une des principales composantes est un impérialisme expansif.
La Russie est d’autant plus marquée, voire encore aujourd’hui traumatisée par la chute de L’URSS, ayant pulvérisé la puissance Russe. Il n’y a donc aujourd’hui rien d’étonnant à voir aujourd’hui un réel souhait de regain de puissance, une nostalgie de l’absolutisme perdu, incarné par Vladimir Poutine.
L’Ukraine n’est donc qu’un territoire de plus à conquérir pour le Kremlin, après la Crimée et l’Ossétie, en plus de lui offrir une zone de sûreté entre elle et les frontières européennes.
On peut alors craindre une réelle menace dans les années à venir pour la Pologne ou les pays Baltes, semblant également dans le viseur de l’Ogre Russe, ayant déjà mainmise sur la Biélorussie à travers le gouvernement fantoche de Loukachenko.

Les populations sont en danger.

Pour la population Ukrainienne, un enfer interminable

Les vraies victimes de cette guerre, ce sont elles et eux. Ces femmes, ces enfants, dont la maison est détruite, la vie réduite en miettes, et le mari, le père, le frère ou le fils, parti combattre au front sans garantie de retour.

Ce sont les riches et les puissants qui se font la guerre, mais la population qui en paye le prix.

Les témoignages de citoyen·ne·s ukrainien·ne·s qui nous arrivent décrivent tous l’horreur de cette guerre.
Les familles forcées à fuir, à se cacher dans le métro de Kiev pour échapper aux bombardements, ou forcées à couper toute lumière la nuit par peur d’être repéré par les militaires russes.
Beaucoup fuient, ou tout du moins, essayent de fuir.

C’est là qu’on assiste à des scènes de racisme horrible et décomplexé.
Des milices empèches les ukrainien·ne·s noir·e·s de monter dans les trains quittant le pays, en leur disant d’attendre: d’attendre que toutes les personnes blanches se soient échappée avant d’être elleux mêmes sauvés.
De même à la frontière Polonaise, les mêmes discriminations sont appliquées, et les personnes noires se font refuser le passage.
Une hiérarchie des vies très claire est établie: les enfants blancs > les femmes blanches > les personnes noires.

Mais cela n’est pas mieux en France et dans tout l’occident en général.
Ce racisme décomplexé s’invite sur les plateaux télés et les radios soutenant l’establishment: sur BFMTV, un journaliste hiérarchise les vies des réfugiés ukrainiens au-dessus de celles des syriens ou des afghan, sous prétexte qu’iels “nous ressemblent”. Toujours sur BFM, un éditorialiste estime pour les mêmes motifs que l’Ukraine nécessite un “geste humanitaire immédiat”, contrairement aux pays non européens dans des situations comparables. Sur Europe 1, le député Modem (parti de l’alliance gouvernementale majoritaire à l’assemblée) Jean-Louis Bourlanges parle d’une “immigration de grande qualité”. Le plateau états-unien de CBS va même jusqu’à qualifier l’Ukraine de “pays civilisé”, “comparé à la Syrie ou l’Afghanistan”.

C’est un racisme décomplexé auquel on assiste, et duquel sont victimes les réfugiés. De plus, comme d’habitude, ce sont les femmes et les minorités de genre qui se retrouvent en première ligne de ces puanteurs: les termes “ukrainian girl”, “ukrainian porn” ou “war porn” sont en top trend sur les sites pronographiques et sur google en général. (Ces constats n’ont bien sûr pas vocation à servir un argumentaire abolitionniste/swerfs, mais mettent en lumière un réel intérêt morbide dont sont actuellement victimes les femmes et minorités de genres ukrainiennes)

Face à une situation désastreuse et une gestion de crise hautement problématique, il devient donc nécessaire d’intervenir pour venir en aide aux populations.

Comment venir en aide aux ukrainien·ne·s ?

Chacun·ne·s à notre échelle et à nos moyens, nous avons la possibilité de nous mobiliser pour venir en aide au peuple ukrainien, même de façon symbolique, la représentation compte.


Sur les réseaux sociaux:

  • Faire attention aux images et posts que l’on diffuse, ne pas diffuser de fausses informations ou des images chocs et crues qui pourraient nuire à l’honneur des personnes représentées et à la sensibilité des personnes qui regardent.
  • Penser à contextualiser ce que l’on diffuse, se renseigner et expliquer le contexte dans lequel une photo à été prise par exemple. Ne pas tomber dans le sensationnalisme est primordial.
  • Favoriser la diffusion de sources primaires (contenus et médias locaux) et de médias indépendants (en créditant à chaque fois).
  • Ne pas donner de visibilité à des personnalités qui souhaitent juste capitaliser sur le conflit en affichant un pseudo-humanisme clientéliste.
  • Faire attention à ne pas relayer de contenus hiérarchisant les vies, comme mentionné plus haut.
  • S’intéresser à la vision et la sensibilité de toustes: les grands médias ne visibilisent pas les plus précaires, à vous de leur donner de la voix!


En dehors des réseaux sociaux:

  • Participer aux manifestations.
  • Se tenir au courant de l’actualité et renseigner ses proches.
  • Donner de son temps à des associations d’aides aux réfugiés.

En apportant une aide financière:

  • Faire attention à qui organise la cagnotte ou la collecte de fond: malheureusement, certaines personnes mal intentionnées vont tenter de profiter de cette crise pour mener des arnaques (par exemple, paypal n’est pas disponible en Ukraine, une cagnotte organisée sur paypal est donc plus que douteuse).
  • Favoriser donc des dons à des associations et des œuvres connues dans leur engagement, et dont on est sûres que les collectes iront réellement pour les ukrainien·ne·s. En voici une courte liste à titre d’exemple:
    Razom, qui soutient les ukrainien·ne·s depuis 2014.
    La Banque Nationale d’Ukraine, qui organise une collecte de fonds pour soutenir les troupes ukrainiennes.
    L’UNHCR, géré par les Nations unies.
    Amnesty International, qui lutte pour un retour à la paix et l’aide aux prisonniers politiques.
    Singa France, qui participe à l’accueil des réfugiés en france et à leur intégration.

Retour sur la manifestation du 26 février à Lille

A l’initiative de plusieurs collectifs de ressortissants ukrainiens, un rassemblement de soutien au peuple ukrainien a été organisé ce samedi 26 février sur la place de la république à Lille.
L’évènement à été un temps forts pour la visibilité des souffrances auquel fait face actuellement le peuple ukrainien, de nombreuses prises de paroles de ressortissant·e·s, d’étudiants ukrainien en france et notamment d’Etienne Mourmant, consul honoraire d’Ukraine à Lille ont pu exprimer leur ressenti de la situation, revendiquer des mesures que le gouvernement devrait prendre et appeler à la mobilisation.

La rassemblement, pacifique et convivial s’est déroulé dans le calme, avec la présence de personnalités politiques et publiques en bordure, notamment Fabien Roussel et Sandrine Rousseau.
Seule la fin de l’évènement a été perturbée par la présence de militants anti-vax (visiblement pro-poutines au vu de leur propos) ayant pris à parti et agressé des personnes présentes leur demandant de veiller au calme par respect pour la situation actuelle.

La situation en Ukraine continue d’évoluer, et semble avoir atteint son paroxysme hier, avec la menace du président Vladimir Poutine d’envisager l’usage de l’arme nucléaire. Des pourparlers ont étés entamé aujourd’hui, et l’on espère que cette crise pourra s’apaiser aussi vite qu’elle a commencé.
Behind the Society vous tiendra au courant des avancées de la crise ukrainienne, et nos pensées vont directement aux victimes de cette guerre.

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Aux urnes citoyen.ne.s

Christiane Taubira à Lille : « Une république qui se dit indivisible et sociale est une république qui lutte contre les inégalités de naissances. »

Dès son arrivée dans l’amphithéâtre, Christiane Taubira est accueillie par un tonnerre d’applaudissements. Bien qu’ici pour présenter son programme, et on pourrait le penser, convaincre de nouvelles et nouveaux électeurices, la candidate fait cependant face à une assemblée visiblement déjà convaincue. En effet, l’ex-ministre de la justice à su s’élever comme une incontournable de la gauche ces dernières années, tout particulièrement auprès d’un public assez jeune se reconnaissant dans ses engagements humanistes et son franc-parler chaleureux.

Aimable et souriante comme à son habitude, n’hésitant pas à se faire plus amère pour défendre ses valeurs face aux quelques réticents présents dans la salle, Christiane Taubira reste fidèle à ses fameuses envolées lyriques en citant entre autres Jaurès, solide et charismatique sur les questions d’inégalités sociales et de précarité étudiante.

Christiane Taubira entrant dans l’amphithéâtre 1 de sciences-po Lille. (Alice Gosselin)

« Lutter contre les inégalités de naissances »

La candidate de gauche annonce directement la couleur avec sa première prise de parole : elle souhaite lutter activement contre la précarité et les difficultés auxquelles font face les étudiant·es et les jeunes en général, apportant un regard plein d’humanité sur les jeunesses françaises, insistant sur la diversité sociale au sein de cette même génération.

Christiane Taubira insiste en effet tout particulièrement sur « les jeunesses française » -le pluriel est important-, dénonçant avec vigueur les « inégalité de naissance » qui traverse cette génération plurielle, se plaçant en défenseuse de celles et ceux qui « ont un chemin tout tracé », faisant tout particulièrement références au jeunes des quartiers populaires que la société condamne et enferme dans la reproduction sociale, mais également aux jeunes des campagnes et de l’outre mer, qui « sont contraints à un arrachement que les autres ne vivent pas », évoquant son propre parcours de jeune guyanaise ayant dû rejoindre la métropole pour pouvoir continuer ses études.

Pour lutter contre ces inégalités, la candidate à la primaire populaire apporte de nombreuses propositions : mise en place du RSA pour les moins de 25 ans en situation de précarité (en non-emploi et ne faisant pas d’études), une aide d’état allant jusqu’à 20.000 euros pour la création et la poursuite d’un projet, ainsi qu’une mesure phare : la mise en place d’un revenu de 800 euros par mois pendant 5 ans pour les jeunes suivant des études. En effet, Christiane Taubira, qui insiste sur l’usage du terme de « revenus » plutôt que de celui « d’allocation », rappelle que 46% des étudiantes et étudiants en France se voient obligés de travailler en parallèle de leurs études pour financer celles-ci, et que le nombre d’étudiant·es précaires a doublé durant la crise du covid-19. Elle avance donc la proposition de créer un tel revenu pour faire face à cette précarité grandissante, ne se gênant pas pour moquer ses opposants et leurs propos sur le sujet, notamment Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, qui a récemment remis en cause la quasi-gratuité de l’enseignement supérieur.

Christiane Taubira au pupitre (Alice Gosselin)

« Oui, il faut taxer les riches !»

Et pour soutenir ces projets financièrement coûteux, notamment le revenus jeunes étudiant estimé à un coût de 24 milliards d’euros par an, 1.5% du PIB, Christiane Taubira ne souhaite pas faire dans le flou, et expose de nombreuses mesures plus ou moins radicale, pour subventionner l’éducation et l’épanouissement des jeunes générations.

La candidate insiste tout particulièrement sur la mise en place d’une politique de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale bien plus efficace, qui pourrait rapporter énormément à l’État, ou tout du moins minimiser voire éradiquer d’importantes pertes déjà existantes. Christiane Taubira insiste notamment sur la nécessité de « faire du ménage dans les niches fiscales », rappelant l’existence de 471 de ces mini paradis fiscaux en France, pour un manque à gagner annuel de 91 milliards d’euros, soit plus du quart des recettes fiscales nettes perçue par l’État (chiffres 2021).

L’ancienne garde des sceaux revient également sur la nécessité de revoir les taux d’imposition en France, faisant remarquer que si les très riches bénéficient de la solidarité sociale, ils doivent eux même contribuer à cette solidarité, à un niveau proportionnel à leurs capacités. Christiane Taubira fait ainsi référence au projet de taxe à 75% pour la part des revenus situé au-dessus d’un million d’euros par an, promesse de campagne de l’ancien président François Hollande, mais qui avait échoué sa mise en place face à la pression de la droite. La candidate de gauche semble donc vouloir revenir sur cette mesure, elle affirme en tout cas que « oui, il faut taxer les riches ! ». Elle affirmera le lendemain dans libération le souhait de mettre en place un « impôt sur l’extrême richesse ».

« C’est grâce à vous que j’ai ma passion pour la politique »

Après un discours d’une bonne demi-heure devant l’amphithéâtre bondé, majoritairement d’étudiant·es, Christiane Taubira rejoint sous les applaudissements du public la table centrale pour répondre aux différentes questions de l’assemblée quant aux mesures qu’elle vient d’annoncer.

Si la majorité des interventions se font dans le respect et la bienveillance, soumettant la candidate à des questions sur certains détails de ces propositions, l’importance du combat écologiste pour la jeunesse ou encore sa future politique migratoire, l’ambiance bon enfant et interactive de l’échange finit par être brisée. Un étudiant prend la parole pour reprocher à Christiane Taubira le programme du PRG de 2002 qu’elle avait porté, ou encore sa participation au quinquennat François Hollande quelques années plus tôt. La candidate jusque la si calme et sympathique se fait alors plus piquante et amère dans sa réponse, pour défendre fièrement ses engagements passés, insistant tout particulièrement sur les nombreux points de conflits qu’elle a pue avoir avec Manuel Valls, mais également l’« impertinence » d’invoquer un programme datant d’il y a 20 ans. L’ancienne Garde des sceaux montre qu’elle n’a rien perdu de la vigueur et du charisme dont elle faisait preuve durant ses plaidoyers à l’assemblée en 2013, provoquant une vague d’applaudissement dans le public, visiblement convaincue par cette réponse.

La session de question s’achève par une prise de parole touchante de la part d’un des jeunes du public, « c’est grâce à vous que j’ai ma passion pour la politique » affirme-t-il avec un grand sourire avant de présenter des remerciements à l’ex-ministre de la justice. Un moment plein d’humanité qui ne manque pas de stimuler la compassion de l’assemblée, soutenant les propos du jeune homme par de nombreux applaudissements.

Christiane Taubira profite de la fin de la rencontre pour signer des autographes. (Alice Gosselin)

« Je vous demande de révéler la vocation de grandeur de la nature humaine »

Une fois ce temps de question fini, l’échange se clos sur quelques dédicaces et selfies avec les étudiants venus assister à la rencontre. Christiane Taubira est ensuite exfiltrée non sans peine par la sécurité vers une autres salles de l’école pour un moment d’échanges avec les membres du collectif local des jeunes avec Taubira ayant organisé l’évènement.

L’amphithéâtre se vide, bien que déjà convaincu.e.s en arrivant pour la plupart, les étudiant·es présent·es à la rencontre semble satisfait.e.ss par le discours de la candidate et son appel à la jeunesse, faisant écho à celui de Jean Jaurès qu’elle citait dans son discours, et sa demande de « révéler la vocation de grandeur de la nature humaine. ».

Environ une demi-heure plus tard, Christiane Taubira quitte les locaux de sciences-po et offre une dernière photo à ses soutiens encore présents dans le hall de l’école.

Bien que créditée de seulement 5.5 points dans les derniers sondages (Cluster 17–18/01/22), Christiane Taubira aura su visiblement marquer les esprits ce soir à science-po Lille. La candidate se veut être représentante d’une génération de jeunes votant·es auquel elle a pu s’adresser au cours de cette rencontre, en portant notamment des valeurs humanistes, proches des gens et en appelant à l’union des gauches comme seul moyen d’emporter la victoire.

Christiane Taubira pose avec ses soutiens. (Alice Gosselin)