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[Portrait de vie] Prenons La Une : Les médias face à l’épreuve de la parité

photo : Instagram de Prenons La Une

« Dans les rédactions des journaux, les femmes sont physiquement, numériquement et économiquement dominées. Selon une enquête menée en mars 2019 par le collectif féministe Nous Toutes, le Tumblr Paye ton journal et l’association Prenons La Une, sur 1837 journalistes et étudiant.e.s en journalisme interrogé.e.s, panel constitué à 80% de femmes, 1500 déclarent avoir été victimes ou témoins d’au moins un agissement sexiste dans le cadre de leur travail. Parmi elles, 199 personnes victimes d’agressions sexuelles ont témoigné (dont 188 femmes) et 2 viols ayant eu  lieu dans le cadre du travail ont été rapportés. Ce ne sont pas des cas isolés : 208 rédactions ont été citées. Le problème est systémique. » Lauren Bastide, Présentes

Mathilde Saliou est la secrétaire générale de Prenons La Une, une des principales associations luttant pour plus de parité au sein des médias.

Prenons La Une : les médias face à l’épreuve de la parité, un podcast de Léa Le Denmat. 

Intervenante : Mathilde Saliou, secrétaire générale de Prenons La Une

Retranscription écrite du podcast

Jingle d’introduction « Behind The Society : le podcast »

Léa, animatrice :

« Dans les rédactions des journaux, les femmes sont physiquement, numériquement et économiquement dominées. Selon une enquête menée en mars 2019 par le collectif féministe Nous Toutes, le Tumblr Paye ton journal et l’association Prenons La Une, sur 1837 journalistes et étudiant.e.s en journalisme interrogé.e.s, panel constitué à 80% de femmes, 1500 déclarent avoir été victimes ou témoins d’au moins un agissement sexiste dans le cadre de leur travail. Parmi elles, 199 personnes victimes d’agressions sexuelles ont témoigné (dont 188 femmes) et 2 viols ayant eu  lieu dans le cadre du travail ont été rapportés. Ce ne sont pas des cas isolés : 208 rédactions ont été citées. Le problème est systémique. »

Ces mots ce sont de Lauren Bastide dans son ouvrage Présentes. Pour aborder le manque de parité dans les médias, le traitement médiatique des agressions sexuelles ainsi que du cyberharcèlement, Behind The Society a contacté Mathilde Saliou, secrétaire générale de Prenons La Une : « Comptez le nombre d’hommes et de femmes dans une journée à la télé ou à la radio, et ça se voit, fin c’est flagrant que la représentation n’est pas égalitaire. »

Prenons La Une : les médias face à l’épreuve de la parité, un podcast de Léa Le Denmat. 

Mathilde Saliou:

Je m’appelle Mathilde Saliou, je suis journaliste spécialisée dans les questions liées au numérique et je suis secrétaire générale de Prenons La Une depuis janvier 2020, j’étais à l’association deux ans auparavant déjà. Prenons La Une c’est une association qui milite pour une meilleure représentation des femmes dans les médias et pour l’égalité dans les rédactions. Ça a été fondé en 2014, c’est parti d’une tribune qui a été écrite par Claire Haley et Léa Lejeune, qui étaient journalistes économiques et qui avaient fait les journalistes économiques. C’est-à-dire qu’elles sont allées compter et qu’elles ont constaté qu’il y avait très peu de femmes aux postes de direction dans les rédactions françaises. Elles ont aussi sorti des chiffres sur les écarts de salaires qui étaient somme toute assez classiques en fait, mais clairement au désavantage des femmes. Elles ont aussi regarder le traitement des femmes dans les médias, et noter quelque chose qu’on note encore aujourd’hui en 2022, qui était que les femmes sont plus souvent interviewées pour être témoins quand elles sont victimes d’un problème etc, et les hommes beaucoup plus souvent appelés quand il y a besoin d’une expertise, dans le rôle de sachant etc. Simplement aussi qu’on représente moins les femmes dans les médias, pour la faire très grossièrement: 30% des personnes interviewées sont des femmes et 70% des hommes, contrairement à la réparation quasi égalitaire de la population française. Elles ont donc fait leur tribune, ça a rassemblé pas mal de gens autour d’elles, Prenons La Une s’est monté en collectif et a travaillé comme ça pendant quelques années. En 2018, elles ont fondé une association de loi 1901, donc le truc classique avec une présidente, un bureau, etc. Depuis l’association ne fait que grossir, ce qui est tout à fait positif. 

Léa:

Quand vous avez commencez le journalisme, étiez-vous au courant des inégalités qui existaient dans ce métier ou avez-vous découvert cela sur le tas? 

Mathilde Saliou:

J’étais déjà au courant mais parce que j’étais une étudiante un peu longue (rires). C’est-à-dire que c’était déjà mon deuxième master donc j’avais déjà eu le temps de traiter le sujet dans mes études précédentes. J’étais déjà au courant, je connaissais même déjà Prenons La Une, je m’intéressais déjà un peu à ce qu’elles faisaient. Je suis sortie de l’école en 2018 donc MeToo a eu lieu pendant que j’étais en cours et on essayait, surtout les filles et les femmes je pense, de pousser des sujets liés aux questions de violences sexuelles notamment, mais pas que, liés aux questions d’égalité en général. C’est assez intéressant de voir qu’on a eu quelques réponses assez désintéressées envers les sujets qu’on suggérait alors qu’aujourd’hui ça devient assez fréquent de traiter des questions de violences sexuelles, de cyberharcèlement j’ai envie de dire, mais ça c’est mon billet à Prenons La Une (rires). Enfin des questions liées à l’égalité en général. Elles sont quand même devenues un peu plus facilement traitées au fil des dernières années. 

Léa:

Est-ce votre expérience au sein des médias qui vous a poussé à rejoindre Prenons La Une? 

Mathilde Saliou:

On va dire que c’est plutôt mon intérêt pour le féminisme. Si on dit les choses très clairement, j’avais un peu la flemme de faire le même travail qu’un garçon et d’être payée moins, ce n’est pas juste. Du coup je regardais ce qu’elles faisaient. Il y aussi un point de vue très intéressant d’un point vue journalistique à mon sens, une sous-partie de mon expertise porte directement sur la question des médias et je pense que c’est du mauvais travail journalistique que de ne pas représenter la société dans la répartition de population qu’elle montre sur le terrain. Je pense qu’il y a toute une dimension d’analyse et de critique des médias qui est très intéressante à faire au prisme du féminisme, c’est donc aussi pour ça que j’ai rejoint l’association. C’est via, avec et même pour l’association que je suivais tous les rapports qui sont émis par Reporters Sans Frontières, le Global Media Monitoring Project, la Women’s Media Fondation aux États-Unis, qui font beaucoup de chiffres, comme l’a fait l’INA avec la revue des médias, qui vont compter le nombre de paroles d’hommes et de femmes dans une journée à la télé ou à la radio et ça se voit fin c’est flagrant que la représentation n’est pas égalitaire. Si on se penche uniquement sur la partie journalistique de la production de la journée, c’est anormal en fait. À mon sens, il manque quelque chose dans le traitement journalistique global. Du coup c’est aussi pas mal pour ça, d’un point de vue sujets, que j’ai rejoint la réflexion et l’association. 

Léa:

On parlait de la faible représentation des femmes dans les médias, comment le confinement a-t-il mis en exergue cette faible représentation ? 

Mathilde Saliou:

En fait, il y a des progrès qui avaient été fait quand même et le mois de mars 2020 ça a été catastrophique, franchement ça me fait rire tellement c’était grave. On était en moyenne à une trentaine de pour-cent de représentation des femmes dans les rôles d’expertes ou même toute sorte d’interviewées : victimes, témoins, expertes, sachantes etc. On arrive en mars 2020 en situation de crise, il faut qu’on se tourne vers des sachants pour savoir ce qu’il se passe et comment faire face au covid etc. Selon les chiffres de la députée Céline Calvez, on tombe à 9% de femmes et 91% d’hommes interviewés dans les médias télé français. C’est un espèce de réflexe patriarcal un peu nul. En plus il y avait énormément de femmes expertes, énormément de femmes à interviewer sur le terrain et surtout dans le secteur de la santé. C’est clairement un secteur où en termes de répartition hommes/femmes dans la profession on est assez proche de la parité. C’était vraiment, à mon sens, de la mauvaise volonté de la part du système médiatique en général. 

Léa:

Lauren Bastide dit aussi dans son livre que c’est également parce que les femmes se sont plus occupées des enfants ou de la maison pendant le confinement et elles avaient donc moins le temps pour faire des interviews. 

Mathilde Saliou:

Le fait que la répartition des tâches ménagères dans le foyer soient inégalitaires ça doit jouer, ça a même clairement joué aussi sur la publication d’articles scientifiques d’ailleurs. Les hommes ont profité du confinement pour écrire un maximum d’études donc a priori ils ont réussi à dégager du temps même s’ils étaient en télétravail ainsi qu’en téléparentalité. Par contre, le nombre d’articles publiés par des femmes a chuté. Effectivement ça révèle aussi ce genre de choses qui pourraient être le sujet de 12000 articles journalistiques, d’ailleurs il y en a eu. Après je pense que ce n’est pas que ça, je pense que c’est aussi aux journalistes et aux médias de veiller à ce qu’ils font en fait. Si notre rôle est d’informer en montrant ce qu’il se passe dans la société telle qu’elle est, c’est anormal qu’on déforme à ce point là le type de population qui compose la diversité de la société. Avec Prenons La Une, on travaille énormément sur la question hommes/femmes mais on peut appliquer le même raisonnement à toutes les questions de diversité sociale, qu’on parle de classe sociale, de populations racisées ou que ce soit la question du handicap. Pour toutes ces catégories là, c’est anormal que les médias déforment à ce point la réalité. 

Léa:

Les médias sont également des espaces où ont lieu des agressions comme on l’a vu avec l’affaire PPDA entre autres, est-ce parce que ce sont des espaces qui reflètent la société où est-ce parce qu’il y a plus de place pour l’abus de pouvoir? 

Mathilde Saliou:

Dans tous les secteurs, dans toutes les industries il y a ce type de d’agressions et c’est très souvent permis grâce à des relations de pouvoir que ce soit un chef sur son employé.e, une star sur ses fans où n’importe, même sur YouTube ça existe. Après, effectivement il y a certaines personnalités qui sont mises en cause actuellement qui jouissent d’une popularité non seulement auprès de leurs collègues mais aussi auprès de la population française, de leurs auditeurs.rices. Peut-être que ça renforce encore leur sentiment d’impunité, il y a certainement un double jeu. 

Léa:

La « Ligue du Lol » a montré l’ampleur que pouvait prendre le cyberharcèlement, ça a également été le cas avec le #cybersindy, le cyberharcèlement prend-il une autre dimension quand il touche les femmes? 

Mathilde Saliou:

Oui complètement, alors ça c’est complètement mon sujet, c’est moi qui monte les formations contre le cyberharcèlement à Prenons La Une. Un de mes problèmes avec la « Ligue du Lol », c’est que les médias ont mal traité le sujet. C’était une question sur le cyberharcèlment, le cyberharcèlement est plutôt mal connu encore aujourd’hui et à chaque fois qu’on fait des titres qui sont censées provoquer le scandale du style « venez cliquer », « regardez cette affaire terrible de journalistes qui lavent leur linge sale en public »…En fait, on participe aussi à créer de nouvelles vagues de cyberharcèlement, que ce soit d’anciennes victimes de ce qui a été vécu dans les années 2009, 2010 ou 2011 ou même contre les agresseurs, si agresseurs ils ont été, car il y aussi eu des personnes qui ont été un peu injustement visées par toutes cette affaire. En fait, c’est quelque chose d’hyper récurrent dans l’actualité médiatique. Les médias, même des médias très web qui tournent beaucoup sur les réseaux sociaux etc., participent parfois à relancer des vagues de cyberharcèlement. En ressortant la citation bien énervante, et l’énervement c’est la machine à faire fonctionner les réseaux sociaux et les sentiments des utilisateurs, les personnes interviewées se retrouvent visées par de nouvelles vagues de cyberharcèlement et personne n’est là pour les aider, enfin c’est terrible comme fonctionnement. Je pense que journalistiquement on devrait tous réfléchir et se calmer sur les citations ou sur les titres putaclics qui sont fait pour énerver et qui ont tendance à balancer la meute vers une des personnes interviewée, incriminée etc. 

Concernant le fait que le cyberharcèlement touche plus les femmes, c’est clair et net. Il n’y a pas énormément de chiffres mais il y en a : selon le Lobby européen des femmes, en 2017 les femmes encouraient 27% plus de risques d’être visées par des violences en ligne que les hommes. En 2012, 11% des femmes adultes et 5% des hommes de l’Union européenne déclaraient avoir vécu une forme de violence en ligne dans les douze derniers mois de l’année qui venait de passer. En 2015, selon l’Unesco, 73% des femmes avaient déjà été confrontées d’une manière ou d’une autre à de la violence en ligne, c’est-à-dire qu’elles avaient été visées ou qu’elles en avaient vu sur leurs amies, et ce de toute forme : de la « légère » insulte jusqu’aux agressions les plus violentes. Sur l’année 2017, selon Amnesty International, un message haineux a été envoyé à une femme politique ou à une journaliste toutes les trente secondes dans l’espace numérique britannique et américain quel que soit leur bord politique. Les femmes noires aussi sont touchées, il y a encore une fois la dimension raciste , elle avaient 84% de plus de chance d’être visées par les insultes que les femmes blanches. Les femmes sont plus visées que les hommes, en plus il y a une dimension raciste assez flagrante. 

À mon sens c’est un vrai problème à la fois pour la liberté d’expression, pour la liberté d’informer si on parle du monde médiatique, mais globalement pour la démocratie puisque ça vise visiblement plus les femmes politiques que les hommes politiques par exemple. Les types d’insultes ne sont pas les mêmes non plus: un homme, on l’attaque sur son travail ou sur ses idées, une femme on l’attaque sur le physique, on la menace de viol et de mort, ça prend des dimensions absolument délirantes. 

Le sujet est quand même encore relativement peu considéré ou considéré comme « ce truc de jeunes ». Ce qui est déjà bien puisque vivre ça à 13,14 ou 15 ans doit vraiment être terrible pour la constitution de soi mais il y aussi toute une dimension entre adultes dans le milieu professionnel, politique, etc, qui est finalement assez peu étudiée, assez peu analysée, or elle est, à mon sens, vraiment très importante. Dans le monde journalistique, le cyberharcèlement est utilisé par des gouvernements, notamment des gouvernements autoritaires pour faire taire les journalistes. En France, l’ancienne envoyée spéciale de l’Obs en Chine s’était retrouvée visée par toute l’armée qu’on appelle l’ « armée des petits pouces roses » qui représente l’armée de cyberharceleurs plus ou moins lancée par le gouvernement chinois. Elle avait écrit des articles qui ne leur plaisaient pas à propos de la population Ouïghour, ça a eu un impact direct sur sa carrière puisqu’elle a finit par être exclue de Chine. Il y a plein d’histoires comme ça qui ont notamment été sélectionnées par Reporters Sans Frontières dans un rapport de 2018. 

Léa:

Est-ce que la manière dont les féminicides et les agressions sexuelles sont traités par les médias contribuent à minimiser les faits? 

Mathilde Saliou:

Rappelons-nous quand même qu’en 2015, le mot « féminicide » n’était pas utilisé. Sur les sept dernières années il y a quand même eu des progrès, il y a eu le #MeToo qui est passé, en France il y a eu soit des personnes seules soit des collectifs qui se sont mis à compter le nombre féminicides. Ce mot a un sens que je trouve un peu restrictif en français puisqu’il signifie « assassinat de femme par son conjoint ou ex-conjoint », il me semble qu’en anglais ou qu’en espagnol cela est plus large et signifie « toute femme qui se fait tuer pour son statut de femme », il n’y a pas forcément de relation inter-personnelle avant. Ça progresse quand même vachement, avant il y avait aussi énormément de titres comme « Ivre, il tue sa femme à coup de théière » ou « Ivre, il la blesse à coup de je ne sais quoi », c’était vraiment traité comme un truc drôle alors qu’on parlait de violences voire de meurtres clairement sexistes d’un homme sur sa femme. Cela reflue quand même un petit peu, après il y a encore certainement des tonnes et des tonnes de progrès à faire mais je pense que sur les sept dernières années ça a un peu évolué et plutôt dans le bon sens. 

Léa:

Dans les médias on retrouve souvent les mêmes débats comme sur le port du voile ou sur l’Islam mais pourtant les principaux concernés sont absents des débats. Comment cela se fait-il? 

Mathilde Saliou:

C’est toujours cet espèce d’énorme machine à déformer la réalité que nous sommes et contre laquelle j’aimerais que nous luttions tous journalistes. Prenons La Une a sorti une charte des bonnes pratiques, la première qu’on avait faite était contre les violences sexistes et sexuelles et la deuxième est sur la question de la représentation des minorités. On écrit noir sur blanc dedans d’arrêter de parler de gens sans interroger les personnes directement concernées, c’est du mauvais travail en fait. Je ne sais pas comment ça se fait, il faudrait aller interviewer aussi les personnes concernées, pas seulement, puisqu’on peut garder des débats assez ouverts mais c’est effectivement pas normal qu’on n’en discute pas avec des personnes concernées. 

Léa:

Est-ce que ça fait aussi partie du fait que sur les plateaux télé, par exemple, il y a clairement un manque de représentation des personnes racisées? 

Mathilde Saliou:

Oui, je pense que tout s’alimente. Globalement, il y a un manque de représentation des minorités majoritaires puisqu’on met les femmes dedans même si elles représentent 52% de la population. Je pense que tout s’alimente et que tout s’auto-reproduit. Après, comme ça fait plusieurs années que des associations luttent sur la question et qu’il y a une dimension de critique des médias, les choses évoluent. Par exemple, il y a plusieurs rédactions dans lesquelles on compte les articles faits par des femmes et combien des femmes interviewées s’y trouvent. En France, on ne pourrait pas faire le décompte d’un point de vue ethnique parce qu’on friserait vite l’illégalité mais dans des pays comme les États-Unis on peut faire le décompte et ça permet de mettre en avant les déséquilibres. Je pense que tout s’auto-alimente en fait, parce que typiquement sur la question du voile on est plein dans un problème d’intersectionnalité. Une femme voilée c’est une femme qui est déjà en situation de minorité car en France la population musulmane est minoritaire, les femmes on les voit moins dans les médias, et donc quand vous êtes au croisement des deux..

Léa:

Est-ce que ça fait partie du fait que sur certains médias, on donne la parole à des personnes ayant des propos racistes en faisant passer cela pour une opinion alors que c’est un délit? 

Mathilde Saliou:

Je pense qu’il y a un problème de traitement journalistique aussi, encore une fois c’est mon avis. Je pense qu’il y a un problème de traitement journalistique sur les questions racistes, dernièrement, des journalistes ont laissé passer des mensonges sans les corriger. Ce n’est pas normal, ce n’est pas du journalisme.

Léa:

Dans le documentaire que Marie Portolano a sorti qui s’appelle « Je ne suis pas une salope, je suis journaliste » qui traitait des violences sexistes qui existent dans le milieu du journalisme sportif, elle termine sur une note optimiste en présentant la nouvelle génération comme plus sensible à ces problématiques. Partagez-vous cet optimisme pour le futur? 

Mathilde Saliou:

C’est clair que typiquement quand j’étais ado et même au début de mes années étudiantes, j’avais moins accès à tous ces contenus féministes sur les questions d’égalité ou même sur la question écologique d’ailleurs ou sur plein de mouvements qui bouillonnent actuellement, que ce qu’ont les ados, étudiants d’aujourd’hui. C’est ça qui est cool avec les réseaux sociaux à notre époque et avec le numérique. Le cyberharcèlement c’est horrible mais le numérique reste un super outil parce que ça permet à plein de gens de s’informer par eux-mêmes et du coup de s’engager pour toutes les questions qui les intéressent et notamment pour plus d’égalité dans les médias. 

Jingle de fin: « C’était Behind The Society: le podcast, une série d’épisodes à retrouver sur Deezer, Spotify, Apple Podcasts et Google Podcasts. « 

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