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[Critique] Placés : l’Aide Sociale à l’Enfance au cinéma

Placés est le premier long métrage du réalisateur Nessim Chikhaoui, connu pour être le scénariste des Tuches. Sorti en salle ce mercredi 12 janvier 2022, une centaine de personnes a pu le découvrir en avant-première, un vendredi soir de décembre à Lille. Behind The Society s’est glissé dans la salle pour vous, c’est la critique de Placés, par Loïs Hamard.

Retranscription écrite du podcast

Jingle d’introduction « Behind the society : le podcast »

Placés est le premier long métrage du réalisateur Nessim Chikhaoui, connu pour être le scénariste des Tuches. Sorti en salle ce mercredi 12 janvier 2022, une centaine de personnes a pu le découvrir en avant-première, un vendredi soir de décembre à Lille. Behind The Society s’est glissé dans la salle pour vous, c’est la critique de Placés, par Loïs Hamard.

Transition musicale

Avant de parler en profondeur du film, retour sur son fil conducteur, son histoire maitresse. On retrouve Elias, joué par Shaïn Boumedine, un jeune homme qui a mis toutes les chances de son côté pour passer le concours de Sciences Po. Le jour J, le malencontreux oubli de sa carte d’identité lui refermera les portes de l’école avant même qu’elles ne se soient ouvertes à lui. Pour retenter le concours, il doit attendre la prochaine session, soit un an plus tard. En attendant, il cherche un travail. & c’est grâce à son pote Adama, appelé Pascal Le Grand Frère, qu’il atterrit dans la Maison d’enfants à caractère social.

Bande-annonce de Placés

Cette maison d’enfants accueille un groupe de 7 jeunes de 14 à 17 ans qui ont été placés par un ou une juge. Ou alors par l’aide sociale à l’enfance suite à une ordonnance de placement provisoire. Un milieu au jargon bien spécifique que met en lumière le film avec les abréviations MECS, OPP, ASE ou encore les appellations comme sortie sèche ou contrat jeune majeur. Tout ça, c’est le vocabulaire quotidien du milieu de la protection de l’enfance que nous propose de découvrir Nessim Chikhaoui.

Bien plus que simplement découvrir un vocabulaire, ce sont des vécus, des parcours de vie que l’on appréhende. Grâce à Elias, on est plongé.e.s dans le quotidien de Sonia, Dany, Emma ou encore François, toutes & tous jeunes placés dans cette maison peu conventionnelle.


& en plus de nous faire découvrir la réalité de ces jeunes, c’est la réalité des
éducateurs & éducatrices qui est mise en lumière. De Corinne, l’intendante à Marc, le directeur en passant par Mathilde, Cécile & Michelle, les collègues d’Elias, Nessim Chikhaoui met en image ce qu’il a lui-même connu en tant qu’éducateur. Tout n’est pas rose dans la vie des éducs, entre les gardes de nuit & de week-end, les jours de fêtes travaillés & le salaire méprisable en passant par le désarroi face aux situations des jeunes toutes plus alarmantes les unes que les autres. Tout cela, c’est le contexte fragile relatif à la profession des éducateurs & éducatrices, ce personnel de l’ombre dans le milieu de l’enfance. Les devoirs, les fringues, les amours, les emmerdes, les parties de foot & les Noël parsemés d’espoir, de fugues, de déception & de colère, la vie au foyer c’est la vie d’adulte pour les enfants cabossés en plus difficile. Les répliques d’Elias & de Mathilde parlent d’elles-mêmes sur la relation entre éducs & jeunes : “on vous voit plus que nos familles on fait des horaires pourris, on a un salaire de merde & tu crois vraiment que c’est qu’un taff ?” A l’image du Noël en maison d’enfant, ce taf c’est du 24h sur 24, sans la prétention d’être une famille de substitution, les éducs tentent l’instauration d’un peu de normalité. Nessim Chikhaoui ne voulait pas se tenir à la part sombre de la réalité de la vie en foyer : il a fait ce film avec la volonté de raconter les plus belles années de sa vie, celles durant lesquelles il était éduc en maison d’enfant. Lors de l’avant-première à Lille, il se confie à la salle : “j’en avais marre de voir des documentaires hyper glauques, hyper durs. Alors certes c’est la réalité & faut pas se la cacher mais moi je voulais montrer l’autre lumière, l’autre face que j’ai vécu.” Son film, il veut en faire un outil pédagogique aux différentes missions : mettre en lumière le cône d’ombre de la profession, l’organisation d’un système bien spécial mais aussi le visage des jeunes & surtout la réalité des sorties sèches.

A la sortie de l’avant-première ce vendredi soir de décembre à Lille, des jeunes de foyers sont secoués, venus en groupe avec leurs éducs découvrir un film qui parlent d’eux. Pour beaucoup, les larmes ont coulé. Pour d’autres, plus réservés, ce n’est pas allé jusque là mais ils & elles sont touchés au cœur : ce film c’est leur réalité montrée au grand public, c’est la représentation de leurs conneries, de leurs souffrances, de leurs peurs, de leurs galères. Durant la discussion avec l’équipe du film que permet l’avant-première, la reconnaissance, la fierté des jeunes & des éducs se faisait ressentir dans la salle : ils & elles avaient un film auquel s’accrocher, auquel s’identifier, dans les bons comme dans les mauvais moments.

Transition musicale

C’était la critique de Placés, un film de Nessim Chickaoui, au cinéma dès ce
mercredi 12 janvier 2022 qui vous dresse le portrait d’une génération sacrifiée, celles de petits avec des problèmes qui sont sous une mesure de protection de l’enfance comme il en existe 340 000 en France.

Jingle de fin « c’était Behind the society : le podcast, une série d’épisodes à retrouver sur Deezer, Spotify, Apple Podcasts et Google Podcasts. »

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