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Féministes tant qu'il le faudra

Feminism is for everybody: homage à bell hooks

Icône de l’afro-féminisme, bell hoks nous a quitté.e.s ce mercredi 15 décembre. Elle laisse une communauté attristée mais plus que jamais reconnaissante.

Autrice, professeur et activiste bell hooks était devenue l’icône de l’intersectionnalité*. Ses travaux ont énormément contribué au féminisme, à la lutte contre le racisme et la lutte des classes. Elle nous a quitté.e.s. à seulement 69 ans ce 15 décembre. Sa disparition attriste celleux qui la connaissaient, mais bell hooks laisse derrière elle un héritage sans pareil et pour cela, nous ne pouvons que lui dire merci.

bell hooks en 2009, Wikipédia

Une intellectuelle engagée

Un nom de plume tiré de sa grand-mère, dénué de majuscules. Ne prêtez pas attention à comment je m’appelle, qui je suis et d’où je viens : écoutez plutôt ce que j’ai à vous dire. bell hooks a grandi dans une famille afro-américaine modeste, entourée de six frères et sœurs. Son père est concierge, et sa mère femme au foyer. Selon les mœurs de l’époque, c’est aussi le destin qui lui est réservé. Mais très tôt, elle le refuse, se crée une nouvelle identité et poursuit son cursus scolaire. Elle devient professeure d’anglais et maîtresse de conférences à l’Université de Californie du Sud.

Elle occupe par la suite les postes de professeure d’études africaines et afro-américaines, et d’anglais à l’université de Yale, maîtresse assistante d’études féminines et de littérature américaine à Oberlin dans l’Ohio et se fait remarquer avec un discours de remise des diplômes lors de son passage à la Southwestern University en 2002. Elle y parle d’oppressions, de violences, cautionnées par le gouvernement et réprimande les élèves qui y participe. Un discours largement hué, même si une partie des élèves lui ont témoigné leur soutien.

Autrice de textes fondateurs de la pensée afro-féministe

Son enfance de femme racisée pauvre est une source de son inspiration et de ses réflexions : à l’école elle connaît la ségrégation raciale, puis l’intégration dans un établissement où tout le monde -ou presque- est blanc. Elle est l’autrice de près d’une trentaine d’ouvrages, dont Ain-t I a Woman ? Black Women and Feminism en 1981, qui est l’un de ses plus renommés. Elle y aborde le sexisme, mais surtout la condition des femmes noires. Elle y porte la voix des femmes noires maltraitées par les médias, l’éducation et la suprématie blanche. Elle y dénonce le capitalisme, le patriarcat et le racisme, elle y croise les luttes et se fait ainsi précurseuse de l’intersectionnalité.

Son deuxième essai s’intitule Feminist Theory : From Margin to Center. Il est publié en 1984. Un essai considéré lui aussi, et à juste titre, comme fondateur de la pensée afro-féministe. Il aborde plus précisément la marginalisation, l’invisibilisation des femmes noires dans la société américaine, des femmes qui sont aussi totalement exclues des grandes théories féministes déjà existantes. Elle s’efforce d’y expliquer l’incapacité du féminisme de s’adresser à toutes les femmes, et y dénonce l’ethnocentrisme blanc et bourgeois.

« Nous devons constamment critiquer la culture patriarcale impérialiste suprématiste blanche, car elle est normalisée par les médias de masse et rendue non problématique »

bell hooks

Une pensée qui a marqué les esprits

bell hooks, c’est un nouveau féminisme, un féminisme racisé, populaire qui veut parler à toustes. Un féminisme qui parle aussi d’amour, avec des romans de jeunesse mettant la communauté à l’honneur, communauté capable selon elle de dépasser la race, la classe et le genre. Pour son travail, bell hooks a reçu bon nombre de récompenses et de nominations, parmi lesquelles The American Book Awards en 1991 et le prix de l’écrivain du Lila Wallace Readr’s Digest Fund en 1994.

bell hooks, c’est l’icône féministe d’une génération, un vrai modèle militant. La pensée militante ne serait pas la même sans son travail, le féminisme, les luttes raciale et ouvrière lui doivent beaucoup. Elle a changé des milliers de vies, a incontestablement marqué la mienne. Merci.

*intersectionnalité : notion sociologique et politique pour désigner une personne victime de plusieurs discriminations, dominations et/ou stratifications dans la société.

Par Anaëlle Charlier

En deuxième année de licence sociologie à l'académie ESJ. J'aime la photographie, et aussi apprendre, débattre, critiquer et me construire des opinions. Par dessus tout, j'adore partager et écrire au sujet de la société, de l'environnement, de l'antispécisme, du féminisme et des causes LGBT+.

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