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[Critique] « Queer » : être féministe et rappeuse ?

Ce podcast est bien sûr à retrouver, en format audio, sur l’ensemble de vos plateformes d’écoute habituelles : Spotify, Deezer, Apple Podcast et bien sûr, Google Podcast !

Retranscription écrite du podcast :

Jingle de Behind The Society

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui on vous parle d’un documentaire nommé Queer sorti le 21 octobre 2021 sur la plateforme BrutX.

Réalisé par Sara Kheladi, ce court reportage aborde la place des femmes et de la communauté LGBTQIA + sur la scène du rap français.

Et oui, composé majoritairement d’hommes, ce milieu est souvent connu pour ses punchlines autour du sexe discriminant et violent envers les femmes avec une légère touche de machisme et d’homophobie.

Voici un léger extrait pour vos petites oreilles …

(Extraits des musiques « Tchoin » de Kaaris, « Salé » de Niska, « Sors le cross volé » de Jul et « Foufoune palace » de Luidji. Il dure 31 secondes.)

Alors bien sûr, sorti de son contexte, c’est d’autant plus choquant mais bon, le rap ne se résume pas qu’à ça.

La preuve, on découvre dans ce documentaire, trois artistes féminines qui ont pour ambition de se faire une place dans le rap game. Les trois rappeuses ne revendiquent pas leur rap comme étant queer mais comme féministe car il est un moyen d’exprimer leur féminité et de donner confiance aux femmes d’après elles.

Alors petit point vocabulaire, Queer signifie en anglais : « bizarre, inadapté ». Par glissement, l’adjectif a défini plus largement toute personne en marge du schéma hétéronormé. Aujourd’hui, queer est le mot étendard de la communauté LGBTQ+, utilisé pour revendiquer avec fierté l’appartenance à l’ensemble des minorités sexuelles et de genre.

Bon, il est temps de présenter les trois figures vedettes du documentaire : il y a Shani Da Flava, se présentant comme une rappeuse insolente. Après un premier single, DAMN, dévoilé sur Soundcloud en 2019, la rappeuse de 21 ans enchaîne avec un titre plus mystique suivi d’un EP. Elle se met en scène dans des clips à l’esthétique soignée, avec des morceaux à la fois provocants et savoureux s’inscrivant dans une démarche militante. Ensuite, il y a Turtle White, bi, noire, femme plus centrée sur la trap. D’origine haÏssienne, elle se lance dans le rap en 2018 en participant à des concours de freestyle sur Instagram et sera révélée en 2019 par le tremplin Rappeuz avec un z à la fin. La rappeuse, qui définit son flow comme « lent et nonchalant », figure notamment sur la mixtape Rap2Filles (La Souterraine), première compilation de rap français 100 % féminin. Enfin, on termine par le portrait de Lalla rami, rappeuse transgenre d’origine marocaine. Elle retrace son parcours de vie dans ses morceaux et notamment la violence du regard masculin sur son identité de genre. Lalla Rami voue une admiration sans faille aux shiraz, chanteuses et danseuses professionnelles marocaines. Elle a précédemment sorti le morceau 4h20 aux Disques du Lobby, plateforme SoundCloud réservée à la communauté LGBTQI+. On la retrouve en featuring avec Shani Da Flava et Turle White sur le titre Lakali!, à l’occasion du documentaire produit par BrutX.

Comme le raconte donc Lalla rami dans ses sons, ses trois filles ont vécu et vivent toujours les mêmes remarques par rapport à leur genre, leur orientation sexuelle et leur style. Entre le harcèlement scolaire, la misogynie, le racisme, la transphobie, l’homophobie, elles ont envie de s’exprimer, de prendre leur revanche et de créer leur place elle-même puisque la société dans laquelle nous vivons ne leur permet pas. Elles sont aussi fières de leur ascension, de leur parcours car ils permettent d’avoir de nouvelles figures féminines et queer dans le rap et donc de permettre plus d’identification et de représentations pour les individus qui les écoutent. Turtle White ajoute que c’est important de transmettre le message aux femmes du « moi aussi, je peux le faire », moi aussi, je peux y arriver si j’ai envie de le faire, je peux m’habiller comme je veux, dire ce que je veux. C’est pas parce qu’on a pas le même genre ou le même sexe qu’il y a une différence entre nous. En fait, elles soulignent aussi le paradoxe de dire que Queer signifie être différent mais pour dire qu’au final, elles sont comme tout le monde. Elles ne méritent pas de discriminations, de violences, d’insultes pour qui elles ont, c’est des êtres vivants comme tout le monde quoi ! Personne ne mérite ça.

Pour finir, ce qui est super intéressant et important à retenir dans ce documentaire même si il a pour nom Queer en référence aux artistes féminines qui se définissent par ce terme, c’est dire que le rap n’a pas de sexe et n’a pas de genre. Et elles le disent pertinemment face aux caméras, il ne devrait pas y avoir de distinction entre le rap masculin et le rap féminin. Elles font du rap et c’est tout !

Bon j’espère que ce podcast vous a plu. Vous pouvez retrouver le reportage sur la plateforme BrutX et leurs sons principalement sur SoundCloud, Youtube, Deezer et Spotify. Si vous aimez bien le rap en général, n’hésitez pas à lire “Madame Rap” qui est le premier média en France dédié aux femmes et aux LGBT+ dans le hip hop. Il a été fondé en 2016, et a pour but de combattre le sexisme et les LGBT+phobies à travers ce média en ligne, mais aussi d’organiser des événements (concerts, open-mics…), des ateliers d’écriture et de sensibilisation auprès de jeunes publics et de professionel·le·s. 

Pour finir en beauté et peut-être vous donner envie d’aller checker leurs sons sur les plateformes, voici un extrait du son qu’elles ont composé pour BrutX.

Bonne journée à toutes et à tous et à mercredi prochain !

Jingle de Behind The Society

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui on vous parle d’un documentaire nommé Queer sorti le 21 octobre 2021 sur la plateforme BrutX.

Réalisé par Sara Kheladi, ce court reportage aborde la place des femmes et de la communauté LGBTQIA + sur la scène du rap français.

Et oui, composé majoritairement d’hommes, ce milieu est souvent connu pour ses punchlines autour du sexe discriminant et violent envers les femmes avec une légère touche de machisme et d’homophobie.

Voici un léger extrait pour vos petites oreilles …

Alors bien sûr, sorti de son contexte, c’est d’autant plus choquant mais bon, le rap ne se résume pas qu’à ça.

La preuve, on découvre dans ce documentaire, trois artistes féminines qui ont pour ambition de se faire une place dans le rap game. Les trois rappeuses ne revendiquent pas leur rap comme étant queer mais comme féministe car il est un moyen d’exprimer leur féminité et de donner confiance aux femmes d’après elles.

Alors petit point vocabulaire, Queer signifie en anglais : « bizarre, inadapté ». Par glissement, l’adjectif a défini plus largement toute personne en marge du schéma hétéronormé. Aujourd’hui, queer est le mot étendard de la communauté LGBTQ+, utilisé pour revendiquer avec fierté l’appartenance à l’ensemble des minorités sexuelles et de genre.

Bon, il est temps de présenter les trois figures vedettes du documentaire : il y a Shani Da Flava, se présentant comme une rappeuse insolente. Après un premier single, DAMN, dévoilé sur Soundcloud en 2019, la rappeuse de 21 ans enchaîne avec un titre plus mystique suivi d’un EP. Elle se met en scène dans des clips à l’esthétique soignée, avec des morceaux à la fois provocants et savoureux s’inscrivant dans une démarche militante. Ensuite, il y a Turtle White, bi, noire, femme plus centrée sur la trap. D’origine haÏssienne, elle se lance dans le rap en 2018 en participant à des concours de freestyle sur Instagram et sera révélée en 2019 par le tremplin Rappeuz avec un z à la fin. La rappeuse, qui définit son flow comme « lent et nonchalant », figure notamment sur la mixtape Rap2Filles (La Souterraine), première compilation de rap français 100 % féminin. Enfin, on termine par le portrait de Lalla rami, rappeuse transgenre d’origine marocaine. Elle retrace son parcours de vie dans ses morceaux et notamment la violence du regard masculin sur son identité de genre. Lalla Rami voue une admiration sans faille aux shiraz, chanteuses et danseuses professionnelles marocaines. Elle a précédemment sorti le morceau 4h20 aux Disques du Lobby, plateforme SoundCloud réservée à la communauté LGBTQI+. On la retrouve en featuring avec Shani Da Flava et Turle White sur le titre Lakali!, à l’occasion du documentaire produit par BrutX.

Comme le raconte donc Lalla rami dans ses sons, ses trois filles ont vécu et vivent toujours les mêmes remarques par rapport à leur genre, leur orientation sexuelle et leur style. Entre le harcèlement scolaire, la misogynie, le racisme, la transphobie, l’homophobie, elles ont envie de s’exprimer, de prendre leur revanche et de créer leur place elle-même puisque la société dans laquelle nous vivons ne leur permet pas. Elles sont aussi fières de leur ascension, de leur parcours car ils permettent d’avoir de nouvelles figures féminines et queer dans le rap et donc de permettre plus d’identification et de représentations pour les individus qui les écoutent. Turtle White ajoute que c’est important de transmettre le message aux femmes du « moi aussi, je peux le faire », moi aussi, je peux y arriver si j’ai envie de le faire, je peux m’habiller comme je veux, dire ce que je veux. C’est pas parce qu’on a pas le même genre ou le même sexe qu’il y a une différence entre nous. En fait, elles soulignent aussi le paradoxe de dire que Queer signifie être différent mais pour dire qu’au final, elles sont comme tout le monde. Elles ne méritent pas de discriminations, de violences, d’insultes pour qui elles ont, c’est des êtres vivants comme tout le monde quoi ! Personne ne mérite ça.

Pour finir, ce qui est super intéressant et important à retenir dans ce documentaire même si il a pour nom Queer en référence aux artistes féminines qui se définissent par ce terme, c’est dire que le rap n’a pas de sexe et n’a pas de genre. Et elles le disent pertinemment face aux caméras, il ne devrait pas y avoir de distinction entre le rap masculin et le rap féminin. Elles font du rap et c’est tout !

Bon j’espère que ce podcast vous a plu. Vous pouvez retrouver le reportage sur la plateforme BrutX et leurs sons principalement sur SoundCloud, Youtube, Deezer et Spotify. Si vous aimez bien le rap en général, n’hésitez pas à lire “Madame Rap” qui est le premier média en France dédié aux femmes et aux LGBT+ dans le hip hop. Il a été fondé en 2016, et a pour but de combattre le sexisme et les LGBT+phobies à travers ce média en ligne, mais aussi d’organiser des événements (concerts, open-mics…), des ateliers d’écriture et de sensibilisation auprès de jeunes publics et de professionel·le·s. 

Pour finir en beauté et peut-être vous donner envie d’aller checker leurs sons sur les plateformes, voici un extrait du son qu’elles ont composé pour BrutX.

Bonne journée à toutes et à tous et à mercredi prochain !