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[Portraits de vie] Quand le militantisme soigne les plaies

Tova est étudiante en journalisme. Un soir, elle est agressée sexuellement par l’un de ses camarades qui l’a droguée au GHB lors d’une soirée étudiante. Une agression aux conséquences irréversibles. S’en suivent des mois de traumatismes et d’isolement – traumatismes qui ne disparaissent pas avec le temps. Puis vient la libération de la parole, ou plutôt de l’écoute, de ce qu’a subi Tova. C’est le commencement d’Oser dire non. Plus qu’un engagement militant, il a été une source d’espoir pour sa fondatrice, et l’occasion d’une prise de conscience collective et politique.

A travers son témoignage, Tova retrace son parcours, celui qui l’a menée à l’engagement militant qu’elle brandit et mène désormais.

Quand le militantisme soigne les plaies, un épisode animé et produit par Maxence Grunfogel.

Intervenante :

Tova Bach – fondatrice et présidente d’Oser dire non

Retranscription écrite du podcast

Jingle d’introduction « Behind the society : le podcast »

Maxence, animatrice :

Tova est étudiante en journalisme. Un soir, elle est agressée sexuellement par l’un de ses camarades qui l’a droguée au GHB lors d’une soirée étudiante. Une agression aux conséquences irréversibles. S’en suivent des mois de traumatismes et d’isolement – traumatismes qui ne disparaissent pas avec le temps. Puis vient la libération de la parole, ou plutôt de l’écoute, de ce qu’a subi Tova. C’est le commencement d’Oser dire non. Plus qu’un engagement militant, il a été une source d’espoir pour sa fondatrice, et l’occasion d’une prise de conscience collective et politique.

A travers son témoignage, Tova retrace son parcours, celui qui l’a menée à l’engagement militant qu’elle brandit et mène désormais.

Quand le militantisme soigne les plaies, un épisode animé et produit par Maxence Grunfogel

Tova Bach :

Moi c’est Tova Bach, je suis étudiante en L3 à l’Académie Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (ESJ). Il y a un an et demi, presque deux ans, on a créé avec Marthe Dolphin une association qui est très proche de l’Académie, indépendante, qui s’appelle Oser dire non. Et cette idée-là je l’ai eue une fois quand j’ai eu une angoisse parce que je suis très angoissée de base. C’est plus un coup de tête, j’allais pas très très bien et pour parler plus franchement, il y a trois ans j’étais en L1 et il y a un étudiant de l’Académie qui était en L2 qui m’a droguée pendant une soirée du BDE, qui m’a ramenée chez lui alors que j’étais totalement inconsciente. J’ai encore aujourd’hui très peu de souvenirs. Il m’a violée parce qu’il a profité de moi et de mon corps sans que je puisse même donner mon consentement parce que je ne pouvais pas, parce que j’étais à moitié endormie, droguée, et quand même alcoolisée donc j’étais dans l’incapacité de dire non. Et, même si le dernier souvenir que j’ai c’est que je ne voulais pas, j’ai comme dernier souvenir que j’étais chez lui et qu’il disait qu’il ne voulait pas se protéger, qu’il ne voulait pas mettre de capote, et le dernier souvenir que j’ai c’est « non je veux pas parce que c’est pas protégé ». Et après trou noir parce que je pense que je me suis endormie aussi, totalement inconsciente. Il y a beaucoup de séquelles qui sont restées de ça, déjà parce qu’il m’a ramenée chez lui de force, et je suis rentrée la jambe en sang et la cheville déboîtée. Je crois qu’il m’a poussée pour me tirer un peu plus vite. Et ça c’est encore aujourd’hui le cas, j’ai toujours ces petits problèmes physiques. Et puis problèmes mentaux surtout, déjà parce qu’on se rend difficilement compte de ce qu’il nous est arrivé. Dès le lendemain, il est resté avec moi, il me faisait croire que tout était normal, que tout s’était bien passé. Et qu’au contraire il fallait recommencer parce qu’on avait tous les deux pas nos souvenirs. Bien sûr monsieur n’avait pas ses souvenirs, monsieur ne savait pas ce qu’il faisait. Et heureusement des copines étaient venues donc j’avais pu partir. Mais au début je m’en rendais pas compte, c’était plus « j’ai passé ma soirée, tout s’est bien passé, j’ai pu voir quelqu’un, etc », et bah non en fait. Petit à petit j’ai commencé à me sentir mal mais sans trop savoir pourquoi, sans trop comprendre pourquoi. Petit à petit tu mets un mot dessus, j’ai mis quand même plusieurs semaines voire mois à prononcer le mot viol. Et après s’est enchaînée un peu une descente aux enfers, c’était clairement ça. Parce que, si tu t’en rends compte, ça veut dire que les gens entendent beaucoup ça aussi. En étant en école ça tourne énormément. Tout le monde savait ce qu’il c’était passé, parfois mieux que moi, et sans que je puisse faire grand chose avec ça. Et aussi, comme je commençais à en parler, juste pour me libérer du poids que je vivais – même pas pour protester contre ce mec, j’étais incapable de faire ça – pas mal d’étudiants proches ou non de lui m’ont harcelée pour faire pression sur moi pour que je me taise. Tout simplement parce que « il faut comprendre Tova, ça c’est des rumeurs, c’est pas bien ce que tu reportes sur lui, c’est pas la vérité, tu vas gâcher sa vie », ce genre de choses alors que ma vie à moi était gâchée. Et du coup, cette association est née de ça.

Du coup un an après ce qu’il s’est passé, j’ai commencé à pas mal écrire pour libérer un peu ce que je ressentais, même si le harcèlement s’était arrêté petit à petit. J’avais besoin de vider ça, de parler de ça et d’écrire de ça et je savais pas comment le dire autrement que par écrit. Et il s’est passé un truc que je mesurais pas encore à l’époque, ce que ça allait être : j’ai enregistré ça sous forme de podcast. Juste ma voix. Et c’était un peu symbolique. Comme on m’avait toujours empêchée de parler, le fait d’imposer ma voix c’était beaucoup pour moi. Je sais pas ni pourquoi je l’ai présenté à l’ESJ. Je voulais que ce soit entendu. Et l’ESJ m’a écoutée, beaucoup. Et aussi ont compris en quelques mots ce qu’il se passait. Et puis tout s’est enchaîné par la suite. J’ai fini par porter plainte, par demander des poursuites, et puis aussi par me défendre une bonne fois pour toutes. Et s’en est suivie l’idée de proposer cet enregistrement, cette voix, en format podcast, à des personnes librement, que tout le monde puisse l’écouter, pour pouvoir aider. Peut-être se référer aussi, parce que en fait, moi dans tout ça je me sentais hyper seule. Et c’est un peu ça l’identité de l’asso. En fait je me sentais seule dans tout ce que je ressentais, j’avais un vide noir, un trou dans moi, c’était vraiment un trou. Et j’avais l’impression d’être comme un extra-terrestre parce que je ressentais des choses que personne ne ressentait et personne me comprenait. J’avais juste mon petit ami de l’époque qui me soutenait beaucoup mais, lui-même ne comprenait pas, c’est normal. Et du coup le fait de dire ça je me suis dit ok, il y a peut-être des gens qui sont comme moi, et peut-être qu’on pourrait en parler ensemble et entamer un dialogue dessus parce que je vois ça nulle part. Je commençais à voir sur les réseaux sociaux des posts, notamment d’associations, qui dénonçaient, qui se battaient pour ces droits-là, mais je voyais pas de choses encore sur la santé mentale, et ce qu’on ressentait quand on était victime. Du coup, c’était de ça que c’est venu.

Transition musicale

Et, tout s’en est suivi. Pour revenir au tout début, je faisais une crise d’angoisse, comme habituellement. Et je me suis dit, quitte à proposer ça à une asso, pourquoi je créerais pas la mienne, pourquoi je créerais pas une initiative où tout le monde pourrait se confier librement, sans jugement. Et puis je pourrais poster mon témoignage et puis on verra ce que ça donne. Du coup Martha a suivi. On avait ce projet de faire une campagne de sensibilisation contre le viol et les agressions sexuelles dans les universités, dans notre école, c’était quelque chose qui nous tenait à cœur. Après on voyait pas plus loin, je pensais pas que ça allait intéresser des gens, que les gens allaient se sentir touchés, et concernés. En fait je me sentais seule, juste totalement seule, et puis c’est pas le cas.

L’association aujourd’hui on est une bonne vingtaine de personnes franchement super, c’est une très bonne équipe et je suis trop contente de pouvoir travailler avec ces personnes-là. L’identité de l’asso elle est basée aussi sur des histoires, sur ce qu’on vit et on sait pas toujours comment réagir parce qu’on a que 21 ans, parce qu’on essaye juste de faire au mieux pour que des personnes puissent se sentir bien et vivre aussi normalement. Parce que c’est pas normal de se faire agresser quand on a juste envie de profiter un soir, quand on est au sein de notre école, quand on est entre ami.es. Et donc c’était dans cette volonté là. On essaye de faire ce qu’on peut, comme on peut, et de créer une vraie solidarité entre les étudiants.

Maxence :

Alors, tu as créé Oser dire non pour aider les autres, mais qu’est-ce que ça a changé pour toi, cet engagement ?

Tova :

En fait ça a changé beaucoup de choses. Je m’en rendais pas compte. Mon témoignage c’était le premier post de l’asso. Quand je l’ai mis, je me suis sentie à poil, vraiment, j’avais l’impression d’être nue devant tout le monde. Surtout sur les réseaux sociaux ça part vite. Au début ça a fait un petit coup quand même, mais c’est un coup tellement moindre par rapport à tout ce qu’on a vécu avant. Au final, il y aussi le contrecoup et on reçoit, en tout cas ça a été mon cas et j’ai eu de la chance, beaucoup de retours positifs. De gens qui se sont sentis touchés par ce que j’ai dit dedans. Pas mal de gens m’ont remerciée aussi, et je me demandais pourquoi ils me remercient, c’était normal, il y avait besoin de partager ça. J’avais pas forcément besoin qu’on me remercie et en même temps ça faisait du bien, vraiment. Le fait de pouvoir enfin assumer ce que je ressentais ça m’a réconfortée, je me suis sentie beaucoup plus légitime de faire quelque chose. En fait je me suis sentie beaucoup plus légitime de vivre. Parce que j’avais, à l’époque, aucun goût à la vie, je voulais pas de ça, je voulais pas vivre avec ce fardeau là. Ca a un peu tout redoré, on va dire, à peu près. Le fait de construire quelque chose de positif autour d’un réel traumatisme, ça fait que t’as envie de continuer, de ne pas rester bloquée dessus. Donc, cette asso ça a été un moyen pour moi d’aller mieux, de guérir aussi. C’est clair que c’est pas parfait, ça fait pas tout c’est sûr, mais c’est un moyen pour moi d’aller mieux, et c’est un moyen pour les autres, je l’espère, aussi d’aller mieux.

Transition musicale

Maxence :

Pour parler un peu plus de l’association, informer pour mieux prévenir c’est en quelque sorte la devise d’Oser dire non, qu’est-ce que ça signifie concrètement ?

Tova :

Déjà, Marthe et moi on a envie d’être journalistes plus tard, donc ce qui nous intéresse c’est l’information. Dans tout ce qu’on ressentait, vivait, on se sentait complètement démunies alors que si on savait qu’on avait des droits, si on savait que certaines choses étaient normales. Par exemple savoir que les mécanismes psycho-traumatiques existent, et comment ça fonctionne. Ca justifie aussi pourquoi tu te sens comme ça. Toutes ces informations là elles sont importantes pour pouvoir guérir. Nous on s’est dit: on aimerait bien faire des recherches dessus, travailler sur des sujets et expliquer aux personnes « non c’est pas normal ce que t’as vécu, et oui il y a des gens qui sont là pour t’aider, et oui tu es dans ton droit ». Parce que, c’est totalement oublié et mis en sourdine. Il y a des choses qui se passeront, malheureusement. J’aimerais que plus jamais ça n’existe, mais c’est pas le cas, et on y arrivera pas encore maintenant. Mais on peut faire de la prévention, et informer les jeunes, sur qu’est-ce que c’est le consentement. Par exemple, dire aux jeunes qu’on a le droit de dire non à un rapport sexuel, chose que moi-même je ne savais pas.

Maxence :

A Oser dire non vous avez aussi des actions, quelles sont-elles ?

Tova :

En plus des actions, l’identité de l’asso c’est d’abord de recueillir des témoignages. On a envie que ce soit une plateforme libre pour pouvoir dire ce qu’on vit, et ce qu’on ressent. Par exemple des conseils, que tu dirais à ton jeune toi. Moi, j’aurais des milliers de choses à dire à mon jeune moi. Pour qu’il fasse pas certaines erreurs, ou qu’il comprenne ce à quoi il a droit, ou pas. Ca passe par des petits témoignages, ou si les personnes ont envie de traiter d’un sujet pour expliquer par exemple ce que c’est le revenge porn. C’est hyper répandu, et c’est terrible, et on connaît tous énormément de personnes qui ont été victimes de ça. C’est important de répéter que c’est pas de ta faute si des images fuitent, c’est de la faute de la personne qui le partage. Il y a eu le harcèlement de rue; les troubles alimentaires; les mécanismes psycho-traumatiques j’en ai parlé un peu avant; les violences obstétricales et gynécologiques il y a une grosse série qui a été faite dessus.

Et en général les actions, alors moi personnellement les actions avec le BDE me tenaient à coeur, vraiment. Parce que moi ce qu’il m’est arrivé c’était pendant une soirée BDE. Le BDE n’est bien sûr pas responsable, mais le BDE de l’époque aurait pu m’aider parce que dans ce qu’il m’est arrivé, il y a des membres du BDE qui étaient concernés, qui ont vu ce qu’il s’était passé. J’étais même chez eux. Personne ne m’a aidé. Si les membres du BDE sont plus sensibilisés à ça, c’est utile. Par exemple, le système de couvercles pour verre est important. Important, en général, pour tout le monde. Parce que c’est un phénomène qui prend une ampleur que je n’arrive même pas à imaginer, mais qui a toujours été présent. Pour moi c’est pas imaginable de mettre à l’insu d’une personne une drogue pour qu’elle soit inconsciente, j’arrive pas à comprendre ça. Et quand on le vit, très sincèrement c’est terrible. C’est horrible comme sensation, on est pas maître de notre corps, on ressent des choses horribles, qui sont traumatisantes, et qui t’empêchent de réagir. En fait tu vois ta vie défiler devant toi et t’es incapable de faire quelque chose.

Maxence :

Pour préciser ces derniers temps, les témoignages de nombreuses étudiantes au Royaume-Uni et maintenant partout en France affluent, dénonçant leurs agressions après avoir été droguées à leur insu en boîte de nuit ou au bar.

Pour rappel, la drogue communément utilisée par les violeurs est le GHB, elle est d’ailleurs surnommée la drogue du violeur. C’est une drogue de synthèse initialement utilisée pour traiter d’importants problèmes de sommeil. Le GHB se présente sous forme liquide, et son aspect discret le rend propice à une utilisation délictueuse. Le liquide peut en fait être versé dans une boisson sans en modifier ni le goût, ni l’aspect, ni l’odeur. Les violeurs utilisent cette drogue pour abuser de leur victime, d’autant plus que le caractère amnésiant de la substance ne permet pas à la victime de se souvenir de ce qui lui est arrivé. Il est donc très difficile pour une victime de GHB de porter plainte, puisqu’elle se souvient rarement de son agression. Pour une victime, prouver qu’elle a été droguée relève presque de l’impossible. Le GHB peut être dépistable dans le sang, mais il reste moins de 12 heures dans l’organisme. En plus, son effet est comparable à celui de l’ivresse due à l’alcool, ce qui ne permet pas, au cours de la soirée, de se rendre compte que l’on a été droguée.

Et donc c’est sous cette impulsion que vous avez décidé de réagir, à Oser dire non, avec la mise en place de capuchons Drink watch.

Tova :

Pour l’instant, ce sont des prêts que nous font l’Université de Lille. Ce sont des capuchons de l’entreprise Drink watch. Pour les avoir testés, ils sont super cool. Outre le fait que ça permet que des personnes pas nettes dans leur tête introduisent du GHB dedans, c’est aussi hyper pratique, parce que tu peux danser et t’amuser sans que tout te renverse dessus, et t’es pas obligé.e de boire d’un seul coup. Surtout ce qu’on a remarqué, pendant le premier test qu’on a fait la semaine dernière, il y avait surtout des femmes qui utilisaient ces capuchons, mais ça concerne aussi vous, messieurs les hommes. Il y a eu quelques témoignages d’hommes qui ont été drogués, beaucoup moins que les témoignages de femmes. Mais ça concerne absolument tout le monde.

C’est triste de devoir se protéger, comme ça. Ca devrait pas être normal d’être obligé.e de se couvrir, de couvrir nos verres, de toujours faire attention. En vrai on passe pas de soirée normale avec ça. Parce que tu mets toujours la main sur ton verre, tu regardes où tu es, il y a un mec qui est derrière toi tu fais gaffe, tu sais qu’il y a un mec qui va te toucher par derrière ou qu’un autre va t’insulter. Tu vois les choses différemment puis c’est de l’angoisse de toujours regarder autour de soi. Tu vas aussi vouloir protéger tes amie.s parce que tu sais très bien qu’il y a des gens qui vont essayer de faire quelque chose sans ton consentement, sans ton accord. Tu passes forcément pas les mêmes soirées. Mais si ça peut aider quelques personnes et éviter certains empoisonnements, alors on le fait volontiers, en attendant que les mentalités changent. J’espère le plus rapidement possible.

On a mis en place des référent.es qui sont sobres et qui sont là en soirée pour veiller à ce que ça se passe bien. Ce sont des personnes qui sont là sur la base du volontariat pour être à l’écoute, essentiellement. Iel doivent avoir l’oeil sur tout ce qu’il se passe. Si un comportement n’est pas normal, le ou la référent.e doit intervenir. Et aussi, si il y a la moindre sensation de malaise/mal-être, si tu te sens pas bien dans la soirée, t’as un sentiment où t’es pas à ta place, tu te sens vraiment pas à l’aise, tu peux aller voir cette personne-là qui va avec plaisir parler avec toi, et essayer de souffler avec toi, peut-être t’éloigner un peu. Moi personnellement, depuis ce qui m’est arrivé c’est le cas. Quand je suis en soirée, j’ai des petites angoisses, je sais pas ce que je fous là, j’ai peur parfois, alors que tout va bien. Alors c’est bien de pouvoir en parler et souffler avec une personne, même parfois extérieure. Ce sont des personnes qui sont à l’écoute et qui aident.

On a fait une campagne de sensibilisation contre les viols et agressions sexuelles, surtout dans le milieu étudiant. Seront affichés, dans cinq campus, ces jeux de trois affiches. Dessus, on a essayé de représenter cette forme d’oppression qu’on peut avoir quand on subit des violences sexuelles. Dessus on a aussi mis des statistiques, avec les sources, et surtout les contacts à contacter. Par exemple, à l’Université il y a la cellule d’écoute qui n’est pas assez rappelée. Quand on parlait d’information c’est ça. Généralement on ne sait pas qu’il y a une cellule d’écoute à l’Université, qui, pour ma part m’a écoutée.

Puis est accompagné aussi sur cette affiche, une brochure d’informations, sur le consentement. Tout ce qu’il y a à savoir sur le consentement, le b.a.-ba à vrai dire. Aussi, les moments où il ne peut pas y avoir de consentement. Par exemple quand la personne est droguée, je vous le mets dans le mille. Quand la personne dort, est inconsciente, quand la personne est en situation de handicap et ne peut pas donner son accord. Ca c’est important de le rappeler aussi. Et surtout des contacts et des lieux utiles, dans les alentours de Lille, parce que ça c’est prioritaire. Et on aimerait vraiment bien travailler dans l’éducation sexuelle. C’est une deuxième chose qui me tenait à cœur. Pour parler aux plus jeunes, au mini moi comme je disais tout à l’heure. Il y avait des centaines de choses que j’aurais dû apprendre quand j’étais jeune. Et puis ça peut aller jusqu’au plaisir, des choses à faire, à ne pas faire, des choses à tester ou à ne pas tester. Parler de notre anatomie. Donc c’est pour ça qu’on a un podcast d’éducation sexuel qui s’appelle Air sensuel. Et puis après on aimerait bien être en contact avec des lycées et des collèges pour parler aux plus jeunes de ça. Je pense qu’on a beaucoup de choses à partager. On a tous et toutes, surtout toutes, vécu des choses, et donc il fallait aussi communiquer dessus.

Maxence :

Vous avez aussi lancé une cagnotte pour pouvoir financer vous-mêmes les couvercles de verre, dont je mettrai le lien dans l’article. Pour conclure, maintenant, toi en tant que militante, qu’est-ce que tu attends le plus comme avancées pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles ?

Tova :

En fait, j’aimerais que des profs soient formé.es à ça. J’aimerais qu’on ait des cours dessus, ce qui est normalement obligatoire, à l’école. Des vrais cours, pas là où on nous culpabilise d’avoir des relations et qui faut faire l’amour uniquement pour avoir des enfants, et où on nous parle jamais de consentement et de respect de l’autre et de harcèlement, et en fait de tout ce qu’il se passe à l’école. Pour moi l’école, c’est la priorité. C’est ce qui nous construit en tant que personne pour plus tard. C’est là où on a vécu beaucoup de traumatismes aussi pour beaucoup. Je parle de harcèlement scolaire, de relations toxiques et violentes entre amie.s et dans des couples même quand on est adolescent, en tout cas ça a été mon cas. Après, il y a des milliers d’autres choses à faire, mais s’il y a un truc à faire important pour moi c’est ça, pour le moment.

Jingle de fin « c’était Behind the society : le podcast, une série d’épisodes à retrouver sur Deezer, Spotify, Apple Podcasts et Google Podcasts. »

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